Scandale des huiles alimentaires contrefaites au Gabon « Les Gabonais ont droit à la vérité. Cette affaire doit conduire à des explications et à des réformes profondes. »

29 juillet 20260
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Le scandale des huiles alimentaires contrefaites au Gabon continue de faire couler beaucoup de salive et d’encre. Dans une interview accordée à notre média, la député Justine Judith Lekogo estime que « Les Gabonais ont droit à la vérité. Pour elle, cette affaire doit conduire à des explications et à des réformes profondes. »

Journaliste : Madame le Député, il y a quelques jours, les autorités ont démantelé une usine clandestine qui reconditionnait de l’huile importée d’Inde sous une fausse marque avant de la commercialiser sur le marché gabonais. Quelle est votre réaction ?

Député Justine Judith Lekogo :

Ma première réaction est celle d’une élue profondément préoccupée par ce qui vient d’être révélé. Si les faits sont confirmés par les enquêtes en cours, nous sommes face à un scandale d’une gravité exceptionnelle. Il ne s’agit pas seulement d’une affaire de contrefaçon. Nous parlons de la santé des Gabonais, de la sécurité alimentaire, de la protection des consommateurs, mais aussi de la crédibilité de nos institutions.

Lorsqu’une activité clandestine de cette ampleur peut fonctionner pendant plusieurs années, cela soulève nécessairement des interrogations sur l’efficacité de notre dispositif de contrôle. Les Gabonais attendent aujourd’hui des réponses claires.

Pourquoi considérez-vous cette affaire comme un scandale national ?

Député Justine Judith Lekogo :

Parce qu’elle touche directement à la vie des populations. Les autorités ont découvert que de l’huile importée sous une marque étrangère était reconditionnée dans des conditions d’hygiène jugées alarmantes avant d’être vendue sous une marque connue des consommateurs gabonais.

Des familles ont acheté ce produit en toute confiance, sans imaginer qu’il ne correspondait pas à ce qui était indiqué sur son étiquette.

Lorsque l’on touche à l’alimentation, on touche à la santé publique. Et lorsqu’on met en danger la santé de milliers de citoyens pour des intérêts financiers, nous ne pouvons pas rester silencieux.

Beaucoup de Gabonais se demandent comment plusieurs conteneurs ont pu entrer sur le territoire sans être détectés. Partagez-vous cette préoccupation ?

Député Justine Judith Lekogo :

C’est effectivement la principale question. Les Gabonais veulent comprendre. Des conteneurs de vingt pieds ne franchissent pas les frontières par hasard. Ils arrivent par des infrastructures officielles, font l’objet de formalités administratives et empruntent un circuit de contrôle bien défini. Il est donc légitime que les citoyens demandent des explications.

Je n’accuse personne sans preuve, car seul le travail de la justice permettra d’établir les responsabilités. En revanche, j’estime que les administrations concernées ont le devoir d’expliquer comment ce réseau a pu fonctionner aussi longtemps avant d’être découvert.

Vous pensez notamment aux Douanes ?

Député Justine Judith Lekogo :

Les Douanes, mais pas uniquement.

Cette affaire concerne toute la chaîne de contrôle de l’État : les services portuaires, les administrations chargées des importations, les services de contrôle économique, les autorités sanitaires et toutes les institutions dont la mission est de protéger les consommateurs. Il ne s’agit pas de désigner des coupables avant les résultats des enquêtes.

En revanche, chaque administration concernée doit faire preuve de transparence et expliquer aux Gabonais les procédures qui ont été suivies ainsi que les éventuelles défaillances qui seront identifiées. La confiance des citoyens passe par la transparence.

Quel regard portez-vous sur le travail des services qui ont découvert ce réseau ?

Député Justine Judith Lekogo :

Je tiens à saluer le professionnalisme de la Direction générale des services spéciaux (DGSS), de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), de l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (AGASA) ainsi que des autorités judiciaires. Grâce à leur intervention, ce réseau présumé a pu être démantelé.

Mais cette réussite opérationnelle doit maintenant être suivie d’une enquête approfondie afin que toute la vérité soit connue.

Olam Palm Gabon a annoncé avoir porté plainte. Quel est votre avis ?

Député Justine Judith Lekogo :

Je prends acte de cette décision.

Lorsqu’une entreprise voit sa marque contrefaite, elle est en droit de saisir la justice.
Mais au-delà de la protection d’une marque, c’est avant tout la protection des consommateurs gabonais qui doit rester notre priorité. Les enquêtes devront établir l’étendue du préjudice subi par les populations.

Quel message adressez-vous au Président de la République et au Gouvernement ?

Député Justine Judith Lekogo :

Je lance un appel solennel. Cette affaire ne doit pas être traitée comme un simple dossier administratif. Elle concerne la santé publique, la sécurité alimentaire et la confiance des citoyens envers les institutions.

J’invite le Gouvernement à communiquer avec la plus grande transparence sur les résultats des enquêtes, à publier les analyses sanitaires des produits saisis, à retirer rapidement tous les produits concernés du marché et à renforcer durablement les contrôles aux frontières, dans les ports et dans les circuits de distribution.

Si des fautes administratives ou des infractions sont établies, elles devront donner lieu aux sanctions prévues par la loi. L’État doit montrer qu’il protège effectivement les consommateurs.

Quelles recommandations formulez-vous en tant que députée de la Nation ?

Député Justine Judith Lekogo :

Je recommande la mise en place d’un audit complet du système de contrôle des importations alimentaires.

Je demande également un renforcement des moyens accordés aux services chargés de lutter contre la fraude, une meilleure coordination entre les administrations concernées, des inspections plus fréquentes des entrepôts et des circuits de distribution, ainsi qu’une campagne nationale de sensibilisation pour permettre aux consommateurs d’identifier les produits authentiques.

Enfin, je souhaite que le Parlement assure un suivi rigoureux de cette affaire afin que les enseignements nécessaires soient tirés.

Votre mot de la fin ?

Député Justine Judith Lekogo :

Je veux dire aux Gabonaises et aux Gabonais que leur indignation est légitime. Dans une République, la santé des citoyens n’est pas négociable. Nous devons exiger la vérité, la transparence et la responsabilité.

Comme députée de la Nation, je continuerai à exercer pleinement ma mission de contrôle de l’action gouvernementale afin que toute la lumière soit faite sur cette affaire et que les mesures nécessaires soient prises pour qu’un tel scandale ne puisse plus jamais se reproduire dans notre pays.

Les Gabonais méritent des institutions fortes, des contrôles efficaces et une protection sans compromis de leur santé.

Propos recueillis par JJL/MTM

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