LEADERSHIP FÉMININ : Déconstruire les paradigmes pour atteindre les ODD au Gabon

10 novembre 20200
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Plusieurs femmes se sont donné rendez-vous samedi 07 novembre 2020 au siège de l’Observatoire de promotion du Développement Durable des produits et services des Industries du Gabon (ODDIG) dans le cadre de la 3e édition du Café climatique sous le thème : « Leadership féminin et développement durable au Gabon ». Cet événement est initié par l’Alliance Panafricaine pour la Justice climatique (PACJA) antenne Gabon, en partenariat avec le Réseau des Organisations de la Société Civile pour l’Économie Verte en Afrique centrale (ROSCEVAC).

Le Coordonnateur national de PACJA, Fabrice Ntchango a tenu à saluer les femmes qui ont bien voulu répondre à l’invitation du Président Nicaise Moulombi, Président Exécutif du ROSCEVAC, et initiateur du concept du Café Climatique qui aujourd’hui, devient le forum national le plus important traitant des questions de développement durable et de gouvernance climatique. Aussi, a t-il tenu à préciser que cette activité s’inscrivait dans le cadre d’un projet soutenu par l’alliance panafricaine pour la justice climatique (PACJA) et l’agence suédoise de développement et coopération internationale (SIDA).

Le leadership féminin pour accélérer l’atteinte des ODD au Gabon

La première communication a été conduite par madame Edwige Eyang Effa, présidente de l’Organisation non-gouvernementale Femme, Environnement, Santé et Éducation (FENSED) et experte à l’IRET. En effet, madame Eyang Effa a introduit les participants sur la notion du leadership féminin. En l’entame de son propos, la présidente du Fensed a rappelé que « Le leadership est une posture voire une qualité qui ne se décrète pas, mais qui se révèle sur le terrain  ». S’agissant du leadership féminin ; « il définit les carrières féminines inspirantes, qui impressionnent et donnent l’envie de se dépasser voire de suivre le même chemin. Contrairement à ce que l’on pourrait penser ; il n’existe pas de différence entre un leadership féminin et masculin. Lorsqu’on est leader, il en est ainsi que l’on est une femme ou que l’on est un homme  » a-t-elle développé.

Toutefois, madame Edwige Eyang Effa a dit que « le leadership ne peut pas vous empêcher d’avoir une vie de famille. Et ce n’est pas du féminisme ». Elle a mis le doigt sur les limites sociétales, qui bâillonnent le leadership féminin. C’est le cas des conflits, « les femmes ne peuvent pas participer à la résolution des conflits. Car elles s’entendent dire : les femmes ne parlent pas au corps de garde. La place de la femme, c’est à la cuisine. Et, elle retourne avec toutes ses connaissances et son expertise » a développé la présidente du Fensed lors de sa communication.

En outre, une femme qui souhaite afficher son leadership reste parfois confrontée à certains jugements de la sorte : « Puisque tu veux montrer que tu es une femme forte, cherche-toi d’abord un mari  » a partage la présidente de l’ONG EYANG EFFA. « Une femme leader n’hésite pas à enfreindre les règles pour faire tomber les barrières ».

Dans sa communication, elle a aussi montré aux participantes le lien entre la femme et les ressources naturelles et les a interpelés à s’impliquer dans la protection de l’environnement, puisque les dommages sur l’environnement ont les répercussions directes sur les femmes. « Ce sont les femmes, qui ont en charge du bien-être du foyer. Donc, elles doivent s’assurer de la bonne qualité de l’eau. Si, les sources d’eau sont polluées ; elles seront contraintes de parcourir plusieurs kilomètres pour trouver une source d’eau potable » argumente la présidente du Fensed.

Madame Eyang Effa conclut en disant que : « La femme gabonaise a compris la nécessité d’être un leader dans différents domaines. Cependant, la route reste longue. Pour l’atteinte de l’ODD 5, elle doit redoubler d’efforts, non seulement pour améliorer ses conditions de vie, mais aussi celles d’autres femmes particulièrement celle de la femme rurale. Tout en sensibilisant sur la gestion rationnelle des ressources. Car la forêt est notre patrimoine et sa gestion durable doit nous concerner ».

Le leadership transformationnel vers un leadership féminin fort

Parler leadership féminin revient à s’interroger sur comment l’implémenter, telle est la substance de la communication de madame Pépecy Ogouliguendé, présidente de l’Organisation non-gouvernementale Malachie. Pour madame Ogouliguendé, le leadership féminin commence avec l’autonomisation de la femme sous le plan financier et sa participation dans tous les domaines de la société. Elle a fait le constat amer du faible taux de représentativité des femmes dans le domaine politique. « C’est en politique, qu’on influence et impulse le développement  » a-t-elle souligné aux participants de la 3e édition du Café climatique.

Dans son exposé, la présidente de l’ONG Malachie a rappelé que leadership féminin, « c’est aussi la capacité de concilier vie privée et vie professionnelle. Car une femme leader est une femme organisée ». Madame Ogouliguendé a rappelé aussi que, « la femme est la base de mode de consommation que ce soit en milieu rural ou urbain. Et elle est tenue de faire montre de leadership pour opter pour les modes de consommation durable comme le cas avec les lingettes pour bébé. Autrefois, il suffisait juste de rincer les fesses du nourrisson. Aujourd’hui, l’utilisation des lingettes constituent une source énorme des déchets et de pollution aussi bien du sol qu’aquatique. (…) En Afrique, nous avions de nombreux acquis en matière de prévention pour la sauvegarde de l’environnement, il serait important de les revisiter » se fait-elle le plaidoyer.

Pour la présidente de l’ONG Malachie pour bien exercer le leadership féminin, « il faut se départir de certaines constructions sociales, qui enferme des femmes dans des cases et se disent incapables de réussir ce qu’elles entreprennent ». Elle invite les femmes à développer la confiance en soi, de demeurer focus sur leur vision.

Des femmes, qui osent !

La seconde partie du déroulement du Café climatique est marqué par le partage et les témoignages des femmes, qui ont décidé de forcer et de bousculer les lignes. À cet effet, il s’agit de la fondatrice de la startup Agriculture et distribution (Agridis), madame Tamarah Moutotekema Boussamba, diplômée en ingénierie financière, mais décide de miser sur l’agriculture. Puis, madame Zora KASSA, directrice de Zora Planner, qui fait dans l’accompagnement funéraire vient répondre aux besoins d’accompagner les familles touchées par la perte d’un être cher à se concentrer pour l’honorer que d’être tiraillé par la paperasse administrative. Baignée dans l’entrepreneuriat avec ses parents, «  j’ai toujours voulu être mon propre chef  » partage-t-elle avec les participants de la 3e édition du Café climatique. Le déclic de tout plaquer pour se lancer, vient après avoir pris part à un salon de l’entrepreneuriat. La dernière succès story est présentée par madame Jeanne Dominique Tchiale, première Gabonaise peintre en bâtiment, qui a souhaité démontrer qu’entreprendre, c’est aussi prendre des risques et surtout se faire confiance parce que sur « le terrain, on se méfie énormément des femmes.

À la sortie de cette 3e édition du Café climatique sous le thème : « Leadership féminin et développement durable au Gabon  », les attestations ont été distribués aux participants par les organisateurs après plus de six heures de formations et de renforcement des capacités. Aussi, les panélistes et les témoignages d’autres femmes à l’endroit des participantes ont démontré que le leadership féminin nécessite une vision, un objectif, de la discipline, de la rigueur et surtout du travail. C’est aussi s’entourer de bonnes personnes et apprendre des échecs et se relever pour éviter de rester buter et focus sur les ratés.

FN/MT

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