Le dispensaire d’Ichinga( Louétsi-Wano) : l’arbre qui cache la forêt

29 juillet 20260
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À première vue, le dispensaire d’Ichinga est un simple bâtiment aux murs fissurés et aux lames de nacos cassés, au toit marqué par les années. Mais derrière cette façade délabrée se cache une réalité bien plus inquiétante.

Ce dispensaire de santé, censé être le premier rempart contre la maladie, est aujourd’hui le symbole d’un système qui peine à répondre aux besoins essentiels d’une population livrée à elle-même.

Le bâtiment, dans un état de vétusté avancé, témoigne de longues années d’abandon. Les murs se dégradent, les équipements sont insuffisants, et les conditions d’accueil ne sont pas dignes d’un établissement de santé. Pourtant, chaque jour, des habitants, en majorité des personnes âgées, franchissent ses portes avec l’espoir d’y trouver des soins.

Mais l’espoir laisse rapidement place à la désillusion. Les médicaments se font rares, voire inexistants. Plus préoccupant encore, un infirmier est officiellement affecté à ce dispensaire, mais il est absent sur le terrain. Une situation qui prive les populations d’une prise en charge médicale régulière et efficace.

Les conditions de vie et de travail y sont particulièrement difficiles. Le dispensaire ne dispose ni d’eau potable ni d’électricité, rendant l’exercice des soins presque impossible.

Comment assurer des consultations de qualité, conserver certains médicaments ou intervenir dans des situations d’urgence dans de telles conditions ?
Les soignants comme les patients évoluent dans un environnement qui compromet gravement la qualité des services de santé.

Les premières victimes de cette situation sont les personnes âgées, souvent fragilisées par la maladie et l’éloignement des grands centres de santé.

Beaucoup renoncent à se faire soigner, tandis que d’autres voient leur état de santé se détériorer faute d’une prise en charge adaptée.

L’absence effective d’un infirmier a également des conséquences sur la jeunesse du village. La présence permanente d’un professionnel de santé permettrait non seulement d’assurer les soins courants, mais aussi de mener des actions de sensibilisation sur la santé sexuelle et reproductive.

Des séances de planning familial pourraient contribuer à réduire le phénomène préoccupant des grossesses précoces, qui compromet l’avenir de nombreuses jeunes filles du village qui sont soit en enceinte, soit elles allaitent in bébé et souvent très jeune donc mineures.

Le dispensaire d’Ichinga n’est pas seulement un bâtiment en ruine ; il est le reflet des difficultés auxquelles sont confrontées de nombreuses communautés rurales. Derrière cet établissement oublié se cachent des vies, des familles et des destins qui méritent une attention particulière.

Il est temps que les autorités locales, les responsables sanitaires et les partenaires du développement regardent au-delà de « l’arbre qui cache la forêt ».

Réhabiliter ce dispensaire, le doter de médicaments, assurer la présence effective du personnel soignant et lui fournir l’eau et l’électricité ne sont pas de simples investissements communautaire : ce sont des actes qui redonnent espoir, restaurent la dignité et garantissent le droit fondamental à la santé pour les populations d’Ichinga ,afin d ’éviter que ce dispensaire ne soit là que pour sauver la carte postale du village et non sauver les vies.

Gilles sylver MOUBELE MASSALA

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