Gabon : les postulants à l’ENA en grève de la faim depuis le 10 janvier dénoncent les résultats du concours
Depuis le 10 janvier 2025, un groupe de postulants à l’École nationale d’administration (ENA) du Gabon observe une grève de la faim illimitée. Ce mouvement, lancé à Libreville, fait suite à la publication des résultats du dernier concours d’entrée, jugés « entachés d’irrégularités et d’injustice » par les candidats protestataires.
Selon les grévistes, les résultats annoncés en décembre dernier manquent de transparence et ne respecteraient pas les critères établis pour la sélection. « Nous avons travaillé dur, respecté toutes les étapes du processus, mais les résultats montrent clairement des dysfonctionnements. Nous exigeons des explications et une reprise des corrections », a déclaré l’un des porte-parole des postulants, visiblement affaibli par plusieurs jours de jeûne.
Les grévistes dénoncent également ce qu’ils qualifient de favoritisme et d’intervention de pressions externes ayant influencé le classement final. Ils réclament une enquête indépendante et un audit du processus de sélection pour rétablir la crédibilité de l’institution.
Des organisations de la société civile et des syndicats se sont mobilisés pour soutenir les revendications des jeunes candidats. Certains ont appelé à une médiation pour éviter une dégradation de la situation.
Après dix jours de grève de la faim, les effets commencent à se faire sentir. Plusieurs candidats ont été transportés dans des centres médicaux en raison de malaises. Les professionnels de santé alertent sur les dangers d’une telle action prolongée et appellent les autorités à agir rapidement pour trouver une solution.
Cette grève illustre une crise plus large touchant le système éducatif et les institutions publiques au Gabon. Pour beaucoup, ce mouvement de protestation dépasse le cadre de l’ENA et reflète un ras-le-bol général face à des pratiques jugées peu transparentes dans l’accès à l’emploi et aux formations publiques.
Face à cette situation, tous les regards sont tournés vers les autorités pour désamorcer cette crise et restaurer la confiance des citoyens dans les institutions du pays. Les grévistes, eux, restent déterminés : « Nous ne lâcherons rien tant que justice ne sera pas rendue. »
Wesley AM/MT






