DECLARATION DE LA COALITION DES ORGANISATIONSDE LA SOCIETE CIVILE DU SECTEUR DES DROITS DE L’HOMME
Dans le cadre du projet d’appui à la promotion et protection des Droits de l’Homme au Gabon,des représentants de 15 organisations de la société civile ont pris part du 21 au 22 janvier 2021 à l’atelier de formation sur le monitoring et reporting des violations des droits de l’Homme au Gabon.
Parvenus au terme de cet atelier, la coalition des OSC pour les Droits de l’Homme au Gabon tient à remercier les organisateurs de l’atelier ainsi que les formateurs du Centre des Nations Unies pour les Droits de l’Homme et la Démocratie en Afrique Centrale.Nous partons de cette formation renforcés dans notre conviction de l’importance de poursuivre notre engagement pour la promotion et la protection des droits humains dans notre pays.
Nous saisissons l’occasion de cet atelier pour saluer la mise en œuvre, par le Gouvernement de la République gabonaise en collaboration avec les partenaires au Développement, Union Européenne et Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), du programme national d’appui à la promotion et à la protection des droits de l’Homme au Gabon.
C’est ici l’occasion de marquer notre souhait et notre engagement total pour que ce projet soit véritablement porteur des avancées nécessaires dans notre pays en termes de reconnaissance et de prise en charge des situations de violation des droits de l’Homme dans notre pays. L’atelier de formation auquel nous avons pris part, a notamment mis en exergue le rôle clé de la Commission Nationale des Droits de l’Homme,dont la réforme et le renforcement des capacités constituent l’objectif principal du projet d’appui à la promotion et protection des droits de l’Homme.
Une Commission Nationale des Droits de l’Homme qui brille aujourd’hui par son mutisme et son absence sur le terrain,alors qu’elle devrait être le partenaire institutionnel de référence pour la réalisation des enquêtes et des rapports sur la situation des droits de l’Homme au Gabon. Il est urgent pour une paix véritable et durable dans notre nation,que le Gabon, membre du Conseil onusien des Droits de l’Homme, se conforme aux standards internationaux. Pour ce faire, nous citerons au titre des priorités :
– L’arrimage de la CNDH aux principes de Paris que nous résumerons ici en 3exigences fondamentales:la diversité et pluralité d’opinion des commissaires, l’indépendance dans l’exécution de ses missions régaliennes, des équipements et moyens de fonctionnement suffisants ;
– L’amélioration et l’indépendance du système judiciaire ;
– L’écoute et les réparations aux victimes de violations de droits quelles qu’elles soient ;
– La protection des défenseurs de droits de l’Homme.
La reconnaissance de notre Commission Nationale des Droits de l’Homme par l’Alliance internationale des institutions nationales des droits de l’homme est conditionnée par la conformité de ses textes et de son fonctionnement aux principes de Paris.
Il ressort de l’analyse d’un expert membre du Comité mondial d’accréditation des institutions nationales des droits de l’Homme que le projet de Loi soumis par notre gouvernement au parlement renferme 33 non conformités à l’esprit des principes de Paris. C’est pourquoi, confrontés au silence du Gouvernement et du parlement à nos tentatives de dialogue sur cette question cruciale depuis le mois d’octobre 2020,nos organisations prennent à témoin l’opinion nationale et internationale et interpellent solennellement le Gouvernement et l’ensemble des parlementaires du Gabon sur la portée cruciale du projet en cours de modification de la Loi réglementant la CNDH au Gabon.
Ce projet gagnerait à être revu avant adoption, pour éviter à notre pays l’humiliation de s’inscrire parmi les derniers de la grande classe du Comité onusien des Droits de l’Homme.
Je vous remercie






