COUVRE-FEU 2021 : Son respect perd-il son sens à Libreville ?
Depuis le samedi 13 février 2021, le Gabon est à nouveau soumis au couvre-feu de 18 heures à 5 heures du matin. Depuis l’annonce faite par le gouvernement, les populations désaprouvent cette information . Une décision plutôt mal digérée par les Gabonais, qui la juge comme « insolite ». Comment s’est-elle présentée, cette première nuit de couvre-feu dans la capitale politique du pays ?
Le compte à rebours précédant l’entrée en vigueur du couvre-feu est lancé depuis moins de 72heures. À Libreville, des bouchons se sont créés presque partout sur les routes. Nombreux sont ceux qui se dépêchaient de faire leurs courses et avoir un taxi pour rentrer chez eux. Pour sortir après 18 heures, un ordre spécial devrait être présenté aux agents. Cet ordre doit faire partie des dérogations telles qu’édictées par le gouvernement. Hélas ! Impossible de respecter ces règles face à ce nombre important de personnes cherchant à rentrer chez elles.
Vers 18heures 43 minutes au PK12, les rues étaient encore bondées de monde et de véhicules. Devant chaque voiture-clando ou taxi qui s’approchait du trottoir, une foulée de monde se battait pour avoir une place. Des sommes exorbitantes sont proposées aux transports pour arriver à destination. « taxi ! taxi ! 1500 deux places au pk8 ! ».
Aux Charbonnages : « le carrefour des embouteillages » ! Plusieurs kilomètres de véhicules bloqués dans les embouteillages sur la chaussée, les terres-pleins et les trottoirs. Un débordement hors norme. Impossible d’avancer. Les agents de sécurité se sont retrouvés dans l’incapacité de réguler la circulation routière, car serré de partout. Chacun cherche à rapidement rentrer. En bordure de route, plusieurs personnes étaient soumises à la marche forcée. Mais l’heure du couvre-feu était dépassée de plus d’une heure.
À Owendo, au carrefour SNI, la surprise était surprenante ! De gauche à droite, embouteillage de piétons et de voitures. Aucune restriction sanitaire n’était au rendez-vous. Presque tous les véhicules contenaient plus de quatre passagers. Pire encore pour les doubles cabines, chargées de monde à l’arrière tels des bêtes de somme . Les agents de sécurité étaient aux aguets face à ces faits. Pas motivés d’intervenir. Le monde était pléthorique. Certains portaient leur masque sur la main et d’autres sous le menton, et ce, pour faire entendre sa voix. Loin du respect des mesures barrières édictées mil et une fois par les pouvoirs publics.
Rappelons nécessairement qu’il est interdit de circuler la nuit, sans une justification correspondant aux dérogations, à partir de 18h le soir jusqu’à 5h le matin.
INOE






