Louise Pierrette Mvono : « Une croissance tirée par la population et non pas le contraire »

5 novembre 20260
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Abidjan, Côte d’Ivoire — La ministre gabonaise en charge de la Planification et de la Prospective, Louise Pierrette Mvono, a pris part au Dialogue sur le futur démographique, organisé à Abidjan, capitale de la Côte d’Ivoire, du 4 au 5 novembre 2026.

Placée sous le thème « Tirer parti des changements démographiques pour la prospérité, la résilience et l’inclusion », la rencontre s’inscrit dans le cadre des Avenirs démographiques de l’Afrique.

Cette session a porté sur les changements prévus en Afrique, notamment la croissance démographique, la structure par âge et la localisation, et a examiné le lien avec d’autres mégatendances, telles que l’évolution technologique et le changement climatique.

Un accent particulier a été mis sur l’emploi et le dividende démographique.

Cette session a examiné les défis liés aux conditions de l’offre et de la demande d’emplois productifs, en mettant l’accent sur le capital humain et la création d’emplois.

Repenser les indicateurs de développement

Prenant la parole, Louise Pierrette Mvono a appelé à revoir la manière dont on pense le développement d’un pays. « L’histoire nous oblige à revoir la manière dont on pense le développement d’un pays. Il faudrait qu’on ait des indicateurs qui deviennent de plus en plus parlants. Pendant longtemps, nous avons parlé du Produit Intérieur Brut par tête d’habitant. Peut-être qu’il faudrait que l’on regarde de manière spécifique, la création d’emplois. Il faudrait que nous trouvions un indicateur qui soit suffisamment parlant et qui mette en relation, l’emploi, le bien-être des populations et le développement économique. Une croissance tirée par la population et non pas le contraire. » a t-elle insisté comme un appel au changement de paradigme.

L’emploi au centre de l’agenda

Pour la ministre gabonaise, la question de l’emploi, de l’emploi des jeunes, l’emploi des populations, est réellement au centre de l’agenda de développement. « Pour répondre spécifiquement à votre question, dans quelle mesure le gouvernement utilise les données, je pense que la première étape, c’est déjà de créer ces données. Générer les données qui répondent spécifiquement aux problèmes de développement de nos États.  »

Elle a cité l’exemple du Gabon, qui opérationnalise en ce moment, son Plan national de croissance et de développement( PNCD), et non un simple plan national de développement. « Nous avons conscience que si l’on ne prête pas attention aux aspects de développement, un pays comme le Gabon, producteur de matières premières, va se satisfaire d’un taux de croissance élevé, sans que cela n’ait un impact spécifique sur l’amélioration des conditions de vie de ses populations. C’est pour ça que nous avons décidé non pas de préparer un plan national de développement tout simplement, mais de faire un Plan national de croissance et de développement. »

Des données pour décider autrement

En parallèle de ce plan, qui court sur la période 2026-2030, le Gabon a préparé le Recensement Général de la Population et des Logements (RGPL), qui a permis de collecter des données larges. « Nous pensons qu’aujourd’hui, vu la pression sociale que nous avons, nous allons devoir mettre en place, des politiques qui nous permettent effectivement de capitaliser sur toutes les informations dont nous disposons, pour avoir un développement orienté vers l’amélioration des conditions de vie des populations. »

Un changement de méthode que la ministre a résumé ainsi :« Nous ne nous demandons plus : quel investissement va produire la plus forte croissance ? Mais en plus de cette question, nous demandons : quel investissement va créer le plus d’emplois, et améliorer les conditions de vie des populations ?  » et de poursuivre : « À partir de là, nous ne décidons plus d’investissement sur des projets visionnés, mais nous regardons sur toute la chaîne de valeur. Souveraineté alimentaire, nous voulons voir dans quelle mesure cette priorité agit sur l’amélioration des conditions de vie des populations, en partant des jeunes jusqu’au bout.  »

MTM

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