Le siège du MESP saccagé et vidé : Jean-Victor Mouang Mbading dénonce une "intimidation politique"
Libreville – Un acte lourd de symboles. Le siège du Mouvement d’Émancipation Socialiste du Peuple (MESP), situé en plein centre-ville de Libreville, dans le quartier Montagne Sainte, au troisième étage de l’immeuble "Alsace-Lorraine", a été entièrement saccagé, puis vidé de son contenu : une centaine de chaises, des documents et du matériel ont disparu dans une opération menée sans bruit ni explication officielle.
Le jeudi 22 mai 2025, Jean-Victor Mouang Mbading, Premier Secrétaire du parti, a découvert les lieux dévastés. Il a aussitôt alerté la police, qui s’est rendue sur place pour établir un constat. "Rien n’est laissé au hasard", a déclaré le leader politique. "Ce n’est pas une coïncidence. C’est une volonté d’effacement, méthodique et ciblée."
Une opposition enracinée dans la rupture
Jean-Victor Mouang Mbading n’est pas un inconnu de la scène politique gabonaise. Opposant historique à Omar Bongo, puis critique farouche d’Ali Bongo Ondimba, il incarne une ligne dure refusant tout compromis avec ce qu’il appelle "le système de confiscation du pouvoir". À la tête du MESP, il défend une vision socialiste panafricaine et milite pour une transformation radicale du pays. "Le pouvoir actuel ne fait que recycler les méthodes anciennes sous de nouveaux visages", déplore-t-il.
Un immeuble fragilisé, un siège ciblé
L’immeuble Alsace-Lorraine, déjà affaibli par un incendie survenu en septembre 2020, n’avait jamais été totalement réhabilité. Les autres occupants avaient progressivement déserté les lieux, jugés instables et insalubres. Le MESP, seul à y maintenir une présence, y voyait un bastion symbolique et un point d’ancrage opérationnel.
Mais au fil des mois, l’endroit était devenu le théâtre d’une fréquentation hétéroclite, parfois décrite par les riverains comme propice à la délinquance. "Ce lieu était notre bastion. Il a été visé, vidé, et saccagé. Ce n’est pas un hasard", insiste Mouang Mbading.
Une opération discrète, sans cadre légal
Des témoins affirment avoir vu, les jours précédents, des individus emporter chaises, cartons et documents sans aucun encadrement ni justification officielle. Ni expulsion administrative, ni décision judiciaire n’a été rendue publique.
L’absence de communication officielle et le silence autour de cette opération renforcent les soupçons d’une manœuvre politique visant à neutraliser le parti. "On a voulu tout enlever : le matériel, les archives, les traces. C’est une tentative d’effacement pur et simple", accuse le leader du MESP.
Plainte ou stratégie du silence ?
Si la police a bien dressé un procès-verbal, Jean-Victor Mouang Mbading n’a pas encore annoncé de dépôt de plainte formelle. Pour certains de ses proches, il pourrait opter pour une stratégie de silence, laissant les faits parler d’eux-mêmes dans l’opinion publique.
Dans un contexte où la symbolique politique pèse parfois plus que les procédures judiciaires, ce choix pourrait être délibéré. "Ils veulent nous faire taire, nous faire disparaître. Mais les gens voient. Ils comprennent", commente-t-il sobrement.
Une idée qu’on ne peut effacer
Le saccage du siège du MESP à Montagne Sainte reste entouré de zones d’ombre. Pour Jean-Victor Mouang Mbading, il s’agit d’un acte politique révélateur d’un climat de tension latent envers les oppositions structurées. Entre riposte publique et silence stratégique, le parti semble décidé à faire de cette attaque un symbole de résistance. "Ce qu’on veut effacer, c’est une idée. Mais une idée juste ne meurt pas."conclut-il avec conviction.
DM






