Structures hospitalières et politique sanitaire : l’insatisfaction des patients
Si l’on décide de mettre en relief l’ensemble des métiers nobles, la profession de médecin figurera assurément parmi les premiers. La spécificité de ce métier réside dans l’aspect sacerdotal observé par celles et ceux qui l’exercent.
L’on nous fera peut-être le reproche selon lequel, tous les métiers s’inscrivent dans une perspective de service rendu, cependant, la dimension salvatrice que revêt cette profession n’est observable que dans peu de corporations. Les Hommes en blouse, comme on aime les surnommer dans le monde entier, se situent à la fin de la boucle des soins apportés à un individu. En effet, tout homme quel qu’il soit finit toujours par se payer les services d’un médecin ou d’une infirmière.
Rappeler que la posture du médecin entre plusieurs professions est cruciale, n’est pas une flatterie faite à son égard, mais c’est dire à quel point les attentes consécutives à la pratique efficace de son travail sont multiples. Une société ne saurait donc exister sans l’apport de ces hommes et femmes qui parfois au périple de leur vie s’engagent à sauver d’autres.
L’objectif n’est pas de faire l’apologie de la corporation tant celles et ceux qui la composent ne sont pas en marge des déboires souvent constatés dans l’ensemble des métiers. Et, quand on observe de plus près la dynamique de cette profession dans notre pays, sa pratique et ses résultats, le constat se réduit à une insatisfaction, à un mal qui depuis lors ne cesse de prendre des proportions inquiétantes.
L’on ne peut passer 24h dans nos centres hospitaliers sans compter le nombre des personnes qui meurent en cascade. L’hôpital qui devrait être un lieu d’espoir et de repos, devient un endroit d’angoisse et de désolation.
Une réalité bien incrustée dans la conscience du gabonais lambda qui en séjour d’hospitalisation dans l’un de nos centres de soins, ne s’en remet qu’à Dieu, au point de révéler la crise de confiance qui existe entre les patients et les membres du corps médical. Il n’est pas question de balayer du revers de la main les exceptions que l’on note dans les rangs des hommes en blouse au Gabon. Exception en la matière il y en a, mais les patients gabonais, sont généralement confrontés aux humeurs nocives des infirmières et infirmiers qui oublient le plus souvent qu’un simple sourire esquissé à l’égard d’un malade est déjà un soin administré.
On n’est tenté de dire que les personnes qui composent cette catégorie du corps médical sont issues de la même génitrice. Comment un malade pourrait-il facilement recouvrer la guérison quand en arrivant au service des consultations générales ou des urgences sa première étape commence par une file d’attente épuisante et interminable, pour ensuite atterrir chez des aides-soignants qui au demeurant affichent une nervosité démesurée au point de crier sur les patients à la moindre incompréhension.
Ce dernier termine souvent dans le bureau d’un médecin déjà épuisé par le grand nombre de patients reçu au préalable, qui parfois sous le poids de la fatigue prescrit des traitements dont certains s’avèrent sans grande efficacité. On a l’impression que l’humanité au sein de nos hôpitaux a plié bagage et s’est enfui par la pointe des pieds, tant le traitement infligé aux patients est aux antipodes de la bienveillance, la bonté et la clémence qui sont là quelques caractéristiques communes aux êtres humains.
L’illustration parfaite de cette absence de sociabilité, est ce que nous nommons : « la monétarisation des soins » qui consiste pour un patient à payer une consultation ou à signer une décharge avant de recevoir des soins. Cette exigence, disqualifie de façon radicale toutes les personnes qui n’ont pas de moyens pour se payer des véritables soins.
Bien que la Caisse Nationale d’Assurance Maladie et de Garantie Sociale (CNAGS) allège la frange la plus démunie de la population en prenant en charge, une partie des frais sur les soins administrés et les médicaments achetés. Une voix d’insatisfaction se fait toujours entendre, plusieurs gabonais soulignent le dysfonctionnement de cet organe, ils disent ne pas comprendre les changements qui adviennent régulièrement sur la prise en charge de certains produits pharmaceutiques.
Du jour au l’en demain ils sont surpris d’apprendre qu’il n’y a plus de prise en charge pour tel ou tel autre médicament, des changements qui généralement se conçoivent sans la moindre communication. Cette situation laisse de nombreuses personnes impuissantes, surtout celles qui n’ont pas les moyens de se payer un traitement entier. La preuve est que ces dernières se rabattent vers le Samu Social, pour bénéficier gratuitement de certains soins bien que celui-ci ne s’illustre que dans la prise en compte de certaines pathologies.
Face à cette situation l’interrogation qui perdure et qui taraude sans cesse l’esprit de plusieurs, se résume à la place accordée à la santé dans notre pays ; sachant qu’une société ne saurait se construire sans une véritable politique sanitaire. Politique sanitaire qui en règle générale s’adresse à toutes les couches de la population.
Christopher






