"Stratégie de mise en oeuvre du plan stratégique Gabon émergent par la promotion de la bonne gouvernance".

17 décembre 20200
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La corruption bat son plein dans la société gabonaise. Tout est mis en oeuvre par le gouvernement pour traquer ce phénomène qui appauvrit et affame le peuple et tente du lui faire perdre sa dignité. Qu’est devenue la "Stratégie de mise en oeuvre du plan stratégique Gabon émergent par la promotion de la bonne gouvernance". Bertin Wilfried MEBA dans sa chronique, critique, analyse et propose des pistes de solutions, qu’il vous convie à lire.

En vue d’accéder à la magistrature suprême, le Président de la République, Chef de l’Etat a soumis, pour approbation, au peuple gabonais son projet de société avec une vision claire, précise et réaliste sinon réalisable, à mon sens. Il s’agit de faire du Gabon un pays émergent à l’horizon 2025.

Malheureusement, cette noble Vision tarde à se matérialiser de manière efficace dans presque tous les domaines laissant dire à certains citoyens avertis qu’au lieu d’avancer, le pays recule plutôt dangereusement avec la perte de nos acquis.

En tant que citoyen et surtout Gabonais détenteur d’une seule nationalité(donc condamné naturellement à vivre ici), je voudrais jeter un petit regard sur ce qui fait le "buzz" en ce moment : la promotion de la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite.

Je parle de buzz voire folklore parce qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil.

Ce que je crois, c’est que les ressources incommensurables du pays peuvent effectivement permettre de le transformer en un temps record.

Hélas ! Les Gabonais eux-mêmes en général et les élites en particulier ont volontairement choisi de boycotter cette vision par leurs pratiques anti républicaines et mafieuses.

Dans l’analyse suivante, il sera question de présenter, d’une part, quelques causes ou raisons des nombreux et extravagants scandales financiers qui font l’actualité au Gabon ces dix dernières années et d’autre part, leurs conséquences sur la Vision susmentionnée non sans esquisser quelques pistes de solution.

1- Les raisons des scandales financiers.

La folle envie de vite et tout amasser, la mauvaise répartition de la richesse nationale et l’absence de l’Amour du prochain sont, pour moi, les causes de ces scandales financiers qui font la UNE de toute la presse ces dernières années dans notre beau et cher pays.

Aujourd’hui, le constat que chacun peut faire est que tout Gabonais veut "être en haut" comme l’on dit au quartier. Autrement dit, même sans avoir travaillé, tout le monde veut tout avoir et ce, en quantité "industrielle". A cause du paraitre et de l’envie de dominer par les biens éphémères de ce monde, il y a une course effrénée vers la richesse. Et à tous les prix... Je trouve ça fou d’être propriétaire d’une dizaine, une vingtaine de voitures. Je trouve ça fou de construire, comme maison d’habitation, à Libreville ou au village, des châteaux dont les coûts de construction et surtout d’entretien sont évalués en milliards de nos francs, sans aucun lien logique avec les revenus du propriétaire.

Ensuite, il faut le dire sans ambage, une certaine inégalité voire injustice dans la répartition de la richesse nationale peut pousser les uns à voler pour essayer de rattraper ceux qui sont bien traités par la maternité mais qui ne se gênent pas toujours de voler.

Le lait de la mère(Nation) doit profiter à tous les enfants, sans exception. Loin de moi l’envie d’attaquer les avantages consentis, par exemple à certains fonctionnaires ; mais soyons réalistes. Un Cadre A1 des régies financières n’est pas traité comme un Cadre A1 de la Culture. Un Cadre A1 d’une institution Constitutionnelle, d’un cabinet politique(avec le joyeux décret 12) ou d’une autorité administrative Indépendante n’est pas traité comme un Cadre A1 du Ministère des affaires sociales. Oui, pendant que certains sont traités comme des rois des bénis de la République, d’autres plus nombreux sont méprisés, humiliés et ignorés. Alors qu’ailleurs, un simple chef de service se la coule douce avec double voire triple primes, voiture de fonction, logement de qualité et voyages assurés chaque année en famille, dans d’autres ministères, plus nombreux, les Secrétaires Généraux, les Directeurs Généraux, les Inspecteurs et autres responsables administratifs sont à pieds et se contentent de ce qu’ils perçoivent le 25 avec une minable indemnité de fonction.

Pendant que nous y sommes, sur les routes du Grand Libreville, on ne voit que les plaques bleues de deux ou trois ministères, des institutions consutitutionnelles et des autorités administratives Indépendantes. Quel message envoie-t-on aux autres gestionnaires ? La question est ouverte...

Enfin, l’absence d’Amour du prochain. C’est parce que le Gabonais n’aime que lui-même qu’il estime que les autres ne doivent rien avoir. Il se sent mieux en étant "heureux" tout seul. Or, notre compatriote, Janis Otsiémi nous dit, dans "Tous les chemins mènent à l’autre" que "L’enfer c’est moi sans l’autre". En d’autres termes, même si tu amasses tout, tu ne seras jamais heureux car les autres vont t’envahir tous les jours pour prendre quelques miettes. Mieux, ils pourraient chercher à te nuire. Et ils auront raison car tu es l’auteur de leurs malheurs.

L’intérêt personnel est malheureusement au-dessus de celui de la communauté. Et c’est dommage ! Les enfants d’un même ventre doivent s’aimer. Ils doivent tout mettre au service de la famille à l’exemple des premières communautés chrétiennes.

2- Les conséquences.

Alors que le Gabon était ce que l’immortel Pierre Claver Zeng appelle "Eldorado", aujourd’hui il est la risée de ceux qui étaient à des milliers de kilomètres derrière nous à cause tout simplement de la mal et mauvaise gouvernance. Des centaines d’éléphants blancs à travers le Gabon, la mort voulue d’Air Gabon le perroquet vert et autres fleurons de notre économie, etc sont des preuves illustratives de la gabégie, du mauvais coeur et de la sorcellerie d’une poignée de fils et filles du pays. Ce sont des conséquences visibles de la gestion mafieuse et anti républicaine des précieuses et envieuses ressources naturelles que Nti Yesu nous a données, selon sa Volonté comme dans la parabole des talents(Evangile selon St Matthieu 25, 14-30).

Les conséquences les plus évidentes sont donc l’absence d’une économie structurée, la quasi absence d’infrastructures dans tous les domaines mais surtout la paupérisation honteuse de la population. Je suis, en tant que Gabonais trop fier de son Vert-Jaune-Bleu, choqué de souffrir autant pour rallier Kango, au départ de Libreville. C’est inadmissible au moment où l’on parle de milliards comme si c’était des badames.

3- Les solutions.

Si nous aimons ce pays, il faut faire quelque chose ; et vite. Pour éviter des situations inimaginables car ça semble "gronder" silencieusement dans les masses populaires.

Premièrement, il faut supprimer toutes ces administrations chargées, dit-on, de la lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite. Je le dis clairement, c’est sans effet. Un proverbe Fang dit que le crabe eut du mal à danser à cause de ses nombreuses pattes et pinces. On ne peut pas mobiliser autant de ressources humaines et financières pour la même cause et sans résultat palpable. A Singapour, par exemple, 4ème pays le moins corrompu au monde, une seule entité est chargée de la lutte contre la corruption. Et ceux qui, comme moi, ont été dans cette Cité-Etat sont témoins du développement démesuré, sans ressources naturelles, de ce paradis asiatique.

Ensuite, il faudrait faire moins de spectacle voire "folklore " dans une lutte aussi sérieuse. Pour moi, ça ne sert presque à rien de faire du tapage sur les actions menées et mettre les gens en prison de manière spectaculaire. Il faut simplement saisir les biens amassés et les mettre au service de la Nation. C’est ce qui compte. Car si un milliardaire est mis en prison, il finira par sortir tôt ou tard, et là il va "s’enjailler"avec ses milliards.

Enfin, il faut enseigner les Valeurs aux jeunes depuis la crèche. Parmi ces valeurs : le patriotisme, le nationalisme, le travail, le goût de l’effort et l’Amour du prochain. Oui, ce pays périt faute de valeurs. Ça doit changer. Si les scandales financiers touchent déjá l’Eglise, gardienne des valeurs, c’est que c’est grave.

En conclusion, la Vision de transformation du Gabon n’est pas utopique. C’est faisable et même encore avant 2025. Pour y arriver, les ressources financières doivent être gérées proprement( je refuse de dire de manière catholique) dans l’intérêt de tous. La méritocratie doit intégrer la gestion des ressources humaines. Il faut bannir les paroles et campagnes de sensibilisation folkloriques et onéreuses pour faire parler les actes. Le Gabon, une fois transformé ou émergent redeviendra cet Eldorado envié où tous ses enfants "sont en haut" dignement par une gestion rigoureuse et une répartition juste de la richesse ; chacun avec son logement, une juste rémunération, un moyen de déplacement, sur des routes pratiquables en toute saison. La promotion de la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite doivent être l’affaire de tous. Pour le bien de tous.

Bertin Wilfried MEBA.
Maître ès Lettres Modernes option théorie et critique littéraires.
Administrateur de santé diplômé de l’ENA, Major de la 31ème promotion baptisée Luc OYOUBI.
Détenteur d’un Graduate Certificate in Public Administration and Management(Analyse économique et évaluation des politiques publiques) et d’un Professional Certificate in English(MDIS SINGAPOUR).

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