Réduire le train de vie de l’Etat pour bâtir l’édifice nouveau auquel tous nous rêvons

17 avril 20250
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Le 12 avril dernier, le peuple gabonais a fait le choix de donner un nouveau visage au Gabon en élisant à une majorité écrasante le candidat Brice Clotaire Oligui Nguema en qualité de Président de la République.

Ce choix est le signe de la volonté de rupture avec l’ancien régime vieux de plusieurs décennies et dont le triste souvenir de nombreux errements est encore perceptible.
Quelques mois plus tôt, ce même peuple avait voté massivement pour le OUI à l’entrée en vigueur de la nouvelle loi fondamentale proposée au référendum le 16 novembre 2024 par les autorités de la transition, issues de la prise de pouvoir par les armes sans effusion de sang le 30 août 2023.

Après ces deux importants rendez-vous aux urnes, il serait souhaitable de poser des bases d’un Nouveau Gabon où tout le monde aura droit aux soins de santé de qualité sur toute l’étendue du territoire national, à une bonne éducation, aux infrastructures routières pratiquables en toute saison, à une juste rémunération, etc. En un moment, l’essor vers la félicité doit avoir tout son sens, sans des réaménagements non justifiés.

Pour y arriver, je suggère la réduction du train de vie de l’Etat, du budget de fonctionnement des administrations et une gestion rationnelle des ressources humaines de l’Etat.

1- De la réduction du train de vie de l’Etat.

Depuis de nombreuses années, les autorités politiques, par les mêmes discours officiels, annoncent sans cesse la réduction du train de vie de l’Etat afin d’affecter ces ressources aux besoins essentiels des Gabonais. Malheureusement, d’année en année, rien ne change. Et je crains que ça ne puisse changer d’autant plus que le "partage du gâteau" nécessiterait de maintenir certaines unités administratives aux fins de contenter tous ceux et celles qui auraient contribuer à l’élection du nouveau Président de la République. Or, cette élection est la décision du peuple lui-même car "Vox populi, vox Dei". A partir de cet instant, aucun Cadre ne saurait être totalement l’artisan de la victoire de l’homme qui incarne aujourd’hui l’espoir de tous les Gabonais.

En novembre 2024, le peuple a décidé de la suppression du poste de Premier Ministre en laissant place à la vice-présidence du Gouvernement, chargée de la coordination de l’action gouvernementale. Alors, rien ne saurait, par exemple, justifier dans les jours à venir le maintien des départements au sein de ladite vice-présidence d’autant plus que les mêmes départements existent déjà à la Présidence de la République et sachant que selon l’article 69 de la Constitution "Le Président de la République est le Chef du gouvernement."

Le décret devant organiser la vice-présidence du Gouvernement devrait juste garder quelques services d’appui comme le Secrétariat général du gouvernement. Ainsi, les budgets de fonctionnement dédiés au secrétariat général de la Primature et à ses services supports, ainsi que ceux des différents départements appelés à disparaître, devraient être alloués à la santé ou à l’éducation nationale. Sans compter les économies substantielles réalisées grâce à la réduction des effectifs payés sur la base du décret 12.

En outre, la réduction de la taille de l’administration devrait aussi être matérialisée par la suppression de nombreuses unités administratives en doublons. C’est le cas des Directions des Ressources Humaines dans les régies financières alors qu’il existe aux ministères de l’économie et des comptes publics des Directions Centrales des Ressources Humaines en charge de tous les personnels des ministères.

Enfin, je suis pour la suppression pure et simple de la Commission Nationale de la lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite, la Médiature de la République et du Conseil National de la Démocratie. Ces institutions sont sans impact majeur dans le fonctionnement de l’Etat, si ce n’est pour caser certains compatriotes dans le sens du partage du gâteau et de la fameuse démocratie apaisée.

2- Sur la réduction des budgets de fonctionnement

Tout usager du service public au Gabon peut témoigner de ce que rien n’est fait pour faire fonctionner correctement l’administration. En effet, en dépit des budgets colossaux de fonctionnement alloués aux ministères, les usagers sont appelés à aller faire des photocopies dans les coins des rues, à porter des documents sans chemise ni sous-chemise.

Cela amène à se demander à quoi servent les budgets de fonctionnement ? Peut-être pour des missions ou des séminaires gouvernementaux qui se répètent et se ressemblent. Ce n’est pas le fonctionnement qui crée la prospérité mais l’investissement. C’est donc regrettable de constater que dans la loi des finances, il puisse exister chaque année des budgets de fonctionnement très importants, mais rien sur l’investissement. En inversant la tendance, cela pourrait présager de la création de la richesse, devant garantir par les Actes notre essor vers la félicité.

3- Sur la réduction des effectifs de la Fonction publique

La lutte contre le chômage ne passe pas par des recrutements massifs non planifiés dans la Fonction publique.

En diversifiant notre économie, nous aurons la possibilité de lutter réellement contre le chômage dans cet eldorado de deux millions d’habitants. Près de 800 milliards de Francs CFA de masse salariale dans la Fonction publique. Quel gâchis ! Il y a des centaines de fonctionnaires qui se tournent les pousses du 1er janvier au 31 décembre. Pas parce qu’ils sont paresseux ou désinvoltes, mais parce qu’il n’y a réellement pas d’activités. Il ne faut surtout pas oublier la mise à la retraite systématique de ceux qui sont atteints par la limite d’âge. Leur maintien en activité est un préjudice causé à la jeunesse.

Pour lutter contre le chômage, il faut commencer par revoir l’offre de formation dans nos universités et grandes écoles, par la suppression pure et simple des filières comme l’anthropologie, la linguistique, les littératures africaines, la communication d’entreprise. Des diplômés de ces "spécialités" sont de potentiels chômeurs dans la mesure où il y a une nette inadéquation entre la formation et l’emploi.

Par ailleurs, la diversification de l’économie passe par le développement des secteurs du numérique, de l’agriculture et du tourisme. Non pas à travers des séminaires ou de la prose, mais par des ACTES concrets. Par la mise en œuvre des politiques publiques réalistes et atteignables dans ces secteurs.

Dans le domaine touristique, par exemple, il y a la restauration, l’hôtellerie, le transport, les guides touristiques, etc. C’est aussi l’occasion de valoriser notre patrimoine, sources de revenus. Combien rapporte par exemple la visite de l’ancien domicile de Nelson Mandela à Soweto ? La réponse à cette question devrait inciter à ouvrir les portes du domicile de feu Président Léon MBA au carrefour éponyme. Les économies réalisées par la réduction de la masse salariale permettraient ainsi de développer les secteurs créateurs d’emplois susmentionnés.

En conclusion, l’essor vers la félicité appelle plus d’actions et moins de discours. Le développement passe certes par la planification, mais il faut passer rapidement à l’étape des réalisations par une gestion saine et rigoureuse des finances publiques et une gestion rationnelle des ressources humaines de l’Etat, par le mérite et la compétence.

Bertin Wilfried MEBA,
Administrateur de santé, diplômé de l’ENA.
Expert en Administration et Management
( Management Development Institute of Singapore, 2014-2015)
Ancien Directeur Central des Ressources Humaines
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