"Mme Prisca KOHO NLEND n’est pas coupable" dixit Bertin Wilfried MEBA, Administrateur de santé

27 avril 20200
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La pandémie du coronavirus qui sévit avec acuité a conduit les gouvernants de plusieurs pays du monde à confiner leurs populations respectives. C’est le cas du Gabon par exemple. Les mesures d’accompagnement suscitent de houleux débats. Des mécontentements sont légions. Bertin Wilfried Meba, Administrateur de santé, diplômé de l’ENA, Major de la 31ème promotion/Détenteur d’un Graduate Certificate in Public Administration and Management obtenu à MDIS Singapour, en avocat défenseur, défend Prisca Koho Nlend.

Mme Prisca KOHO NLEND n’est pas coupable. Mon propos ne vise pas à défendre cette compatriote. Mon propos ne vise pas à dédouaner ce haut responsable politico-administratif. Mieux, mon propos ne vise pas à la canoniser. Le seul but visé par mon propos, c’est de faire triompher la vérité et la réalité. Car ne pas dire la vérité, surtout pour un chrétien, c’est faire la promotion du mensonge et de tout ce qui conduit aux ténèbres. Or, en mourant sur la Croix et en ressuscitant le troisième jour d’entre les morts, Jésus a vaincu les ténèbres. Il est donc indécent de souvent laisser le mensonge agir et s’installer.

En prenant la décision extrêmement courageuse et opportune de mettre en confinement le Grand Libreville aux fins de freiner la propagation du nouveau coronavirus, le Chef de l’Etat a aussitôt instruit le Gouvernement de la République de mettre en œuvre des mesures d’accompagnement en vue de soulager les populations, surtout les plus vulnérables, de ce grand espace géographique.

Il y a entre autres, la mise en place d’une banque alimentaire et la gratuité de l’eau, de l’électricité et des transports publics via les sociétés Sogatra et Trans’Urb. Depuis quelques jours, des cris montent, des scènes insoutenables voire indécentes liées à la distribution de produits de première nécessité et de bons d’achats de ces produits circulent sur les réseaux sociaux, devenus, pour ma part, un exutoire pour bon nombre de compatriotes. Il faut dire que ces réseaux sociaux ne véhiculent pas toujours la vérité.

En tant que citoyen et chrétien catholique engagé, je crois qu’il est indécent et malhonnête de penser que Madame Prisca KOHO NLEND est coupable à tous les faits susmentionnés. Toutefois, elle demeure responsable des actions en cours au sein du département ministériel dont elle a la charge. Du latin "responsus", le mot responsable signifie la capacité de rendre compte de ses actes. Donc, en sa qualité de Ministre des Solidarités Nationales, elle est responsable de la distribution des produits et bons alimentaires. Le Manager planifie, organise, dirige et contrôle. Il lui revient alors de tout mettre en œuvre pour une bonne distribution de ces produits en dépit des manquements évoqués ci-dessus.

Le bon manager est aussi celui qui associe toutes les parties prenantes pour l’atteinte des objectifs. Or, il semblerait que ce ne soit vraiment pas le cas. Qu’à cela ne tienne, ce qui est vrai, c’est que la cible ne semble pas bien connue. Ce qui est vrai, c’est que le fichier de cette cible n’existerait pas ou ne serait pas fiable. Ce qui est réel, c’est que l’accès aux populations est difficile voire impossible à cause de l’urbanisation anarchique du Grand Libreville.

Parlant du fichier des populations concernées, son existence aurait permis, sans trop de gymnastique, de les atteindre alors même que d’importants moyens ont été mobilisés par le Gouvernement, soutenu par des dizaines d’opérateurs économiques. La cause de l’échec, c’est l’absence de chiffres voire de statistiques, outil indispensable dans la prise de décision. Dans notre pays, les chiffres fiables n’existent quasiment pas. Et c’est indécent que chaque année, tous les ministères soient emmenés à faire des recensements.

Quel est le nombre exact de dispensaires dans notre pays ? Combien de logements appartiennent-ils à l’Etat sur toute l’étendue du territoire national ? Quelle est l’étendue du patrimoine foncier de chaque département ministériel ? Quelle est l’étendue du parc automobile de l’Etat ? Combien d’enfants sont-ils sans actes de naissance ? Quel est le nombre exact d’agents publics ? Etc. A la lumière de ce qui précède, Madame Prisca KOHO NLEND n’est pas coupable. Pour la réussite de telles opérations et en vue de permettre aux décideurs d’agir en toute quiétude, il faut mettre en place des outils ; et s’ils existent, les actualiser ou les améliorer. Les cris de détresse qui montent, je les comprends.

Les scènes du PK7 ou du boulevard triomphal et d’ailleurs, je les comprends mais les condamne car elles n’aident pas à prévenir la propagation de ce dangereux virus appelé esthétiquement Covid-19. En définitive, l’échec semble assuré. Mais comme le dit un adage Fang, il ne faut pas regarder là où l’on tombe mais plutôt l’endroit où l’on a trébuché. Il revient aux décideurs de tenir compte des causes et même des conséquences de cet échec pour améliorer la gouvernance sociale de notre pays. Sinon, ses nombreux efforts seront non seulement toujours critiqués mais pire ils pourront ne pas avoir d’impacts visibles et indiscutables. Par contre, ce serait indécent de ne pas reconnaitre que le Gouvernement de la République, malgré les difficultés actuelles, a mobilisé d’importantes ressources pour éviter l’hécatombe sanitaire et sociale.

Bertin Wilfried MEBA, Administrateur de santé, diplômé de l’ENA, Major de la 31ème promotion/Détenteur d’un Graduate Certificate in Public Administration and Management obtenu à MDIS Singapour.

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