Le marché nous parle. Sachons l’écouter !
L’adjudication des titres publics du 22 juillet 2026 mérite une lecture lucide et responsable. Au-delà des chiffres, elle envoie un message que nous ne pouvons ignorer. Les marchés financiers ne sanctionnent pas un pays ; ils évaluent une trajectoire, une crédibilité et une capacité à inspirer confiance. Lorsqu’une partie importante des émissions n’est pas souscrite, ce n’est pas une fatalité. C’est un signal qui doit nous conduire à nous interroger et, surtout, à agir.
En tant que députée de la Nation, je crois profondément que le Gabon possède les ressources humaines, économiques et institutionnelles pour surmonter ce défi. Mais la confiance des investisseurs ne se décrète pas : elle se construit chaque jour par la rigueur budgétaire, la transparence, la prévisibilité des politiques publiques et une gestion exemplaire des finances de l’État.
Nous devons renforcer notre gouvernance financière, mieux maîtriser nos dépenses, optimiser notre stratégie d’endettement et adapter nos émissions aux réalités du marché. Dans un contexte où la liquidité demeure limitée sur le marché régional, chaque opération de financement doit être soigneusement préparée afin de préserver l’attractivité de notre signature.
Je suis convaincue que le ministère de l’Économie et des Finances dispose des compétences nécessaires pour tirer les enseignements de cette situation. Les défis ne doivent jamais être perçus comme des échecs définitifs, mais comme des occasions d’ajuster nos politiques et de renforcer nos fondamentaux.
Le Gabon a toujours su relever les grands défis de son histoire. Aujourd’hui encore, nous devons faire preuve de responsabilité, de discipline et de vision. Car la véritable richesse d’un pays ne réside pas seulement dans ses ressources naturelles, mais aussi dans la confiance qu’il inspire à ses partenaires et aux investisseurs.
Notre devoir collectif est de consolider cette confiance, afin que le Gabon continue d’accéder aux marchés dans les meilleures conditions et de financer durablement son développement.
L’heure n’est ni aux procès d’intention ni aux polémiques. Elle est à l’action, à l’écoute du marché et à la mise en œuvre des réformes qui renforceront durablement la crédibilité financière de notre pays.
Justine Judith LEKOGO






