"Le Gabon de nouveau au centre des querelles des leaders politiques français. Pourquoi ?"
Ségolene Royal, candidate arrivée au 2ème tour à l’élection présidentielle de 2007 contre Nicolas Sarkozy en France, plusieurs fois ministre, élue locale, et députée à l’assemblée nationale, se fait de nouveau parler d’elle, surtout en mal.
Elle le doit aussi, et pas seulement, à ses deux derniers voyages au Gabon comme invitée de la famille présidentielle gabonaise.
Parmi ses détracteurs, le quotidien français de gauche Libération qui insinue que Ségolene Royal aurait été prise en charge par la présidence gabonaise.
En réponse à cette piqûre, Mme Royal n’a pas tardé à réagir en rappelant à Libération son passé.
Savourez la réplique :
« Quand Libération parle de se faire payer pour venir au Gabon, il parle d’expérience ».
Une allusion au fait qu’en 2015, le quotidien avait perçu la coquette somme de 3,5 millions d’euros (près de 2 milliards de francs CFA) pour l’organisation d’un forum aux retombées plus qu’incertaines pour le Gabon. Le parquet national financier (PNF) en France avait alors ouvert une enquête. Mais l’argent n’a jamais été remboursé au trésor gabonais.
Virulent ! N’est-ce pas ? Querelle de rivalité aussi ? On attend la réponse de LIBÉ.
Mais le vrai problème des Gabonais est-il dans cette rivalité franco-française, ou de savoir pourquoi les politiques français, et non l’Etat français, continuent à s’intéresser, non à la situation de pauvreté dans laquelle vivent les 3/4 des gabonais, mais à ses dirigeants, et à un an d’une nouvelle élection présidentielle, alors que la FranceAfrique est dénoncée, vilipendée partout dans le monde, et les relations incestueuses avec son cortège de morts remplissent les cimetières ?
Pourquoi les politiques français ne tirent-ils pas leçon des procès en cours des Biens Mal Acquis et font comme si ces histoires étaient sorties de l’imaginaire ?
Ségolene Royal sait très bien que le Gabon a vécu une élection présidentielle douloureuse en 2016 au moment où son ex compagnon, père de ses quatre enfants, était à l’Elysée.
Elle ne peut ignorer que le Gabon prépare une nouvelle élection présidentielle en 2023 et que son voyage au Gabon allait être interprétée comme soutien à Ali Bongo Ondimba.
D’ailleurs, en affirmant que Libération parle d’expérience, Ségolene confirme bien le type de relations entretenues entre certains milieux français et les dirigeants au pouvoir au Gabon.
Pourquoi est-elle venue au Gabon, au lieu d’aller directement en Égypte où se tiendra la COP27, et où sa voix pourrait peut-être encore compter ?
Admirée jadis pour son courage, comme politique et comme mère, Ségolene Royal vient de verser de l’encre noire sur son nom pour les gabonais.
Triste fin.
À demain.
PETIT-LAMBERT OVONO,
ÉVALUATEUR CERTIFIÉ DES POLITIQUES PUBLIQUES,
PRÉSIDENT DE SOGEVAL






