"Je vous écris cette lettre, du fond de ma cellule à la prison Centrale de Libreville " ZIBI

1er juillet 20210
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Bertrand ZIBI ABEGHE, du fond de sa cellule à la prison Centrale de Libreville a écrit une énième lettre. Cette dernière est adressée à "La Très Haute Attention de son Excellence Madame Rita LARNJINHA Directrice Afrique du Service Européen pour l’Action Extérieure Union Européenne.

Prison Centrale de Libreville Le, 20 Juin 2021

Bertrand ZIBI ABEGHE
Prisonnier Politique
Gabonais / Américain

A
La Très Haute Attention de son Excellence Madame Rita LARNJINHA Directrice Afrique du Service Européen pour l’Action Extérieur Union Européenne

Objet : Votre visite au Gabon

Excellence Madame la Directrice,

Je vous écris cette lettre, du fond de ma cellule à la prison Centrale de Libreville d’où j’ai appris que vous alliez effectuer une visite de travail à la tête d’une importante délégation de l’Union Européenne, partenaire privilégié de mon pays, le Gabon.

Je suis Bertrand ZIBI ABEGHE, prisonnier politique Gabonais, Américain qui croupit depuis bientôt cinq ans dans les geôles insalubres de la prison Centrale de Libreville, par ordre du dictateur sanguinaire et despote Ali BONGO ONDIMBA.

En effet, Madame la Directrice, j’ai été arrêté au petit matin du 1er Septembre 2016, après la longue nuit du bombardement du QG de campagne du Président Jean PING. Bombardement qui avait fait plusieurs morts.

J’ai été sauvagement torturé à plusieurs reprises et jeté en prison. De faux motifs ont été inventés pour me condamner.

Une arme a été déposée, cachée et trouvée dans mon chantier par deux agents de la D.G.R (Direction Générale des Recherches) par les Sieurs Mathieux LEYINGA alias MALONE et NZE Darel.

Un criminel notoirement connu du grand banditisme au Gabon, Sieur KEMEBIEL André alias Fiston vendeur de cocaïne, multirécidiviste dans le braquage à main armée, vol avec violence et plusieurs fois prisonnier, a été instrumentalisé par la Présidence de la République, pour m’accuser d’une histoire digne d’un film. Malgré tous les témoignages qui me disculpent et connaissant cet individu, ni de près ni de loin, j’ai été condamné à une très lourde peine de prison de six ans.

Six ans de ma vie qui me sont volés par ce régime cruel, sanguinaire, despote, sans foi ni loi.

A la prison Centrale de Libreville, j’ai été plusieurs fois torturé en présence du Général Paul MITOMBO à l’époque Directeur de la Prison.

Excellence Madame la Directrice, au moment où vous allez fouler la terre de nos ancêtres le Gabon, permettez-moi, aux noms de ceux-ci : AKOMA MBA, WONGO, NYONDA MAKITA, NSOLET BITEGUE, MBOMBEY et nos Martyrs : Capitaine NTCHORERET, NDOUNA Dépenaud, Martine OULABOU, DOUKAGAS NZIENGUI, Lieutenant-Colonel Jean Marie DJOUE DABANY, MBOULO BEKA, Colonel Alphonse LAYIGUI, André MBA OBAME, OBEYE, Général OSSIALI ONGAYE, Pierre MAMBOUNDOU, Capitaine Alexandre MANDZA NGOKOUTA, AÏSSA, TOULEKIMA, MBA Germain et tous les autres tombés sous les balles de la tyrannie qui gère le Gabon depuis plus d’un demi-siècle et en mon nom propre de vous souhaiter la plus cordiale bienvenue à vous-même et à toute la délégation qui va vous accompagner.

Madame la Directrice,

Le Gabon est totalement paralysé depuis la dernière élection présidentielle de 2016, élection qui a atteint un tel degré de violence que notre pays n’avait connu de toute son Histoire.

Le régime autocratique du Gabon dépense à tout vent d’importantes sommes d’argent pour payer à travers le monde de puissants groupes de LOBBIES afin de se donner une image respectable. La réalité est tout autre.

Vous avez l’occasion de voir de vos propres yeux, la réalité atroce de ce pouvoir inique et violent.

C’est pour cette raison, que je vous interpelle, solennellement au nom du peuple gabonais, meurtri et tétanisé par la peur de tout faire pour que vous puissiez pendant votre séjour, visiter la prison Centrale de Libreville, qui est un « gouvernement mouroir ».

Le gouvernement gabonais, se targue de respecter les Droits Humains, d’être un gouvernement démocratique et respectueux des valeurs des droits de l’Homme. Voilà l’occasion pour vous de vérifier tout cela.

Excellence Madame la Directrice,

Vous ne devez en aucun cas, vous arrêter dans votre Hôtel Cinq étoiles et vous contenter des audiences à la Primature, au Palais Présidentielle et autres bureaux et salles de conférences…

Vous devez absolument, par respect pour le peuple gabonais, vous rendre dans nos quartiers, nos "MAPANNES" qui ressemblent à des champs de ruines, vous devez tout faire pour vous rendre à Kinguélé, Atsibi-Ntsos, Cocotiers et tous nos "MADOUAKAS".

Vous verrez de vos yeux, comment un pays immensément riche comme le Gabon avec à peine deux millions d’habitants, croupit dans une misère absolue. Où va l’argent de notre beau pays ?

Pourquoi même après plusieurs décennies passées au pouvoir par la Famille BONGO ONDIMBA rien ne change ? Pourquoi sommes-nous aussi pauvre dans un pays aussi riche ? Je déduis simplement que la Famille BONGO se sert volontiers de nos deniers publiques pour s’acheter des châteaux, des propriétés, des avions et remplir des comptes bancaires à travers le monde avec l’argent du peuple gabonais.

Visite de la Prison Centrale de Libreville

La Prison est le reflet de la société qui met en exergue le respect des droits de l’Homme. Eut égard du constat fait, vous vivrez la triste réalité.
Excellence Madame la Directrice,

Le peuple Gabonais par ma voix, vous invite à visiter la Prison Centrale de Libreville.

Une seule recommandation, faites-vous accompagner, par une ambulance et un réanimateur parce que, je suis sûr et certain que quelqu’un fera un malaise à cause de ce que vous verrez.

• Venez voir à la Prison Centrale de Gros Bouquet de Libreville, comment un être humain est réduit à un état animal.
• Venez voir, des fous en Prison et non dans un asile psychiatrique.
• Venez voir des êtres humains mangeant des excréments.
• Venez voir, comment, dans un espace de 40m2 sont paqués plus de 760 personnes (seul HITLER avait fait pareil dans les camps de concentration NAZI)
• Venez voir 760 personnes qui utilisent une seule toilette.
• Venez voir comment une cuisse de poulet est servie à trois personnes avec un pain, comme seul et unique repas de la journée.
• Venez voir comment les prisonniers boivent l’eau des égouts.
• Venez voir des êtres humains « zombifiés », comme dans le clip très célèbre, THRILLER de Michal JACKSON.
• Venez voir comment une simple grippe tue un être humain.
• Venez voir comment des personne atteintes du VIH SIDA sont traitées avec du paracétamol.
• Venez voir le terreau de l’injustice, un voleur de poulet passe dix ans, tandis qu’un assassin est libéré après trois mois.
• Venez voir comment certains Matons se comportent en toute impunité, pouvant vous fracasser un membre sans inquiétude, aucune.
• Venez voir comment l’être humain cuit au Soleil.
• Souvent la police et le tribunal de Libreville défèrent des prisonniers avec des balles de fusils dans le corps, ici à la prison Centrale de Libreville, ces balles de fusils sont extraites du corps à l’aide d’un couteau chauffé au feu, par d’autres prisonniers. Pas besoin d’hôpital.

J’affirme haut et fort que plusieurs personnes à la prison Centrale de Libreville sont mortes, sous l’effet de la torture à l’exemple du détenu OLIMBO torturé à mort.

J’ai moi-même été plusieurs fois torturé, à la prison Centrale de Libreville en présence du Général Paul MITOMBO à l’époque Directeur de la Prison.
J’affirme également, que plusieurs prisonniers sont morts dans la nuit du 31 Août 2016 à la prison Centrale de Libreville, après l’annonce des résultats du vote de la présidentielle. L’armée avait tiré à balle réelle sur les détenus à mains nues. Les prisonniers s’étaient soulevés à l’annonce des résultats, comme le reste de la population à travers le pays.

Le détenu AKAMBIA avait reçu une balle qui avait broyé son bras, aujourd’hui, il est paralysé de ce bras ; plusieurs autres ont également reçu les balles.
Depuis mon incarcération à la prison Centrale de Libreville, le 13 Septembre 2016, j’ai fait le décompte macabre de 73 morts.

Aucune enquête n’a jamais été faite, suite aux évènements du 31 Août 2016 en prison.

Excellence Madame la Directrice,

Je vous prie de venir toucher du doigt. Venez faire le Saint Thomas, ne dit-on pas qu’une image vaut mille mots. Voilà l’occasion en Or, qui vous ait offerte de pouvoir voir de vous-même.

A la Prison Centrale il n’y aura pas de LOBBIES, ni des discussions de bureaux, mais des faits palpables.

Je vous attends Excellence, avec impatience.

Excellence, vous devriez être accompagnée de la commission des droits de l’homme, de la société civile et du gouvernement gabonais afin que nul n’en ignore. L’Heure de vérité a sonné.

Ali BONGO ONDIMBA, paye avec l’argent du contribuable du peuple gabonais, qui croupit dans la misère la plus absolue des groupes de lobbies à travers le monde pour se donner une image respectable.

Mesdames et Messieurs de l’Union Européenne, Hommes civilisés, venez voir, je vous en supplie comment le grand défenseur des droits de l’Homme traite son peuple.

L’’Heure pour l’Union Européenne est venue de regarder sans complaisance ce régime cruel, sanguinaire et tyrannique, qui tue, viole et pille sans vergogne le peuple gabonais, depuis trop longtemps.

J’ai vu à la prison Centrale de Libreville, des exécutants de crimes rituels, tueurs notoires, ne faire que quelques jours, et être libérés par leurs commanditaires.

Lors d’un de mes entretiens avec le défunt Président Nelson MANDELA, il m’avait dit que la justice était la chose la plus difficile au monde. Depuis maintenant cinq ans, je le vis au quotidien.

Excellence Madame la Directrice,

Vous êtes issus d’un beau et grand pays, le Portugal que j’ai eu la chance de visiter. Chez vous j’ai vu un peuple debout, une démocratie vivante et un peuple qui a son destin en main. Pourquoi le Gabon mon pays ne serait-t-il pas une démocratie, comme la vôtre ?

Excellence Madame la Directrice,

Vous portez le prénom d’une grande sainte, la « SAINTE RITA », cette dernière a vécu une vie de miséricorde, d’amour du prochain, elle a terriblement souffert, elle a soigné des malades, d’ailleurs son nom est invoquée pour guérir les grand malades.

Nous aussi, à la prison Centrale de Libreville, nous vous prions d’être du côté des opprimés, des personnes qui se battent pour la vérité et du peuple gabonais en général, qui n’a que trop souffert de la dictature sanguinaire, cruelle et sans cœur de la famille BONGO, qui règne sur le Gabon, sans partage depuis trop longtemps.

Nous souhaitons que l’Union Européenne, partenaire stratégique du Gabon, nous aide à construire notre vivre ensemble, dans l’Union, la Concorde et surtout le Respect de l’être humain.

L’Union Européenne doit être moins complaisante envers le régime gabonais.
Nous voulons un partenariat gagnant, basé sur les valeurs démocratiques, de justice, de respect des droits de l’Homme, des droits inaliénables de notre souveraineté, du respect du vote des gabonais, du partage équitable de nos richesses et surtout de la bonne gouvernance.

Le peuple gabonais a besoin de l’Union Européenne comme l’Union elle aussi a besoin du peuple Gabonais.

Dans l’espoir de vous voir durant votre séjour au Gabon à la Prison Centrale de Libreville, je vous souhaite à vous-même et à toute la délégation qui vous accompagnera, un excellent séjour, parmi nous sur la terre bénie de nos ancêtres le GABON.

Depuis la Prison Centrale de Libreville,
Bertrand ZIBI ABEGHE
Citoyen Gabonais-Américain
MONE ESSABDZANG YA BOUTH-ENGASSE
MONE NGOANE ESSABOAK YA MOMO
Affectueusement appelé :
LE GNAMORO, l’IVOUNDA, le NDJIM, le NDOMBABA, l’OKOULOU, le DJDJI, le NDOSS, le NKOUKOUMA, le Répé, le DIBAL, l’AS des As, ZAMBE

Que Dieu miséricordieux, veille éternellement, sur notre pays le Gabon.
Que Dieu miséricordieux, veille éternellement, sur notre pays le Gabon.

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