"Je tiens à vous informer que vous êtes en partie responsable de la souffrance de nos peuples"

4 septembre 20230
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Il assume ses écrits à l’égard du pouvoir français par le truchement de son Président de la République, Emmanuel Macron. Le Gabonais Armand Dagraca Tchitembo a adressé une lettre ouverte au Chef de l’Etat qui a décidé de suspendre la coopération politique entre la France et le Gabon, suite à la prise de pouvoir par les militaires au matin du 30 août 2023. Aussi, Armand Dagraca Tchitembo affirme haut et fort, soutenir le Comité de la Transition et la Restauration des Institutions.

M. Macron votre décision de suspendre la coopération politique entre la France et le Gabon

Monsieur le Président,

Je me permets de vous écrire suite à la décision de la France de suspendre sa coopération politique avec le Gabon à la suite du coup d’État militaire récent. Cette décision soulève des interrogations quant au rôle de la France dans nos États africains, et nous souhaitons exprimer notre point de vue à ce sujet.

Tout d’abord, nous tenons à souligner que nos États africains sont souverains, et que nous considérons la France comme un partenaire, mais pas comme un décideur de nos affaires internes. Il est vrai que lors des négociations pour l’accession à l’indépendance, la France a fait signer des contrats qui ont souvent été perçus comme mafieux, donnant à la France une certaine emprise sur nos ressources naturelles. Cependant, il est important de noter que les intellectuels africains d’aujourd’hui ne sont pas les mêmes que ceux d’il y a 60 ans. Nous avons accès à une éducation de qualité et nous sortons même major de nos écoles.

Il est crucial que la France comprenne qu’elle bénéficie de nos matières premières tout en contribuant à notre appauvrissement. Cette situation ne peut perdurer indéfiniment. Même un esclave finit par dire stop lorsque l’exploitation devient trop excessive. Monsieur Macron, l’Union africaine a suspendu le Gabon de son organisation, mais cela ne nous préoccupe pas car nous ne voyons pas ce que cette organisation nous apporte. Aujourd’hui, vous suspendez votre coopération militaire avec le Gabon, mais quelle est la valeur ajoutée de votre présence dans notre pays ? Aucune. Il est temps pour vous de faire vos bagages et de partir, car la patience des Africains a des limites, même si nous sommes un peuple respectueux envers tous.

Je tiens à vous informer que vous êtes en partie responsable de la souffrance de nos peuples, car vous pillez nos richesses sans que nous en tirions le moindre bénéfice. La France est un pays riche grâce à l’exploitation de notre sous-sol, et nous n’attendons rien de vous. Lorsque vous cautionnez des coups d’État institutionnels en Afrique pour garantir vos intérêts, vous oubliez que nous sommes tous des êtres humains. Les temps où des mercenaires tels que Bob Denard et Focart tuaient nos présidents et notre peuple pour mettre en place des marionnettes à votre solde afin de piller nos richesses sont révolus.

Nous plaçons notre confiance dans le Comité de la Transition et la Restauration des Institutions que nous soutenons et admirons. Si vous nous poussez à bout, nous suivrons l’exemple de nos frères du Mali, du Burkina Faso, du Niger et de la Guinée. Nous nous organiserons pour organiser une marche de protestation contre la France devant votre ambassade, où nous lirons une lettre de soutien à notre CTRI.

Nous espérons que cette lettre vous permettra de prendre conscience de notre point de vue et de la nécessité de revoir votre approche envers nos États africains. Nous souhaitons une relation basée sur le respect mutuel et la coopération équitable.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de nos salutations distinguées.
Armand DAGRACA TCHITEMBO
J’assume mes écris

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