GABON : La justice populaire vaut - elle la peine ?

15 janvier 20200
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L’année 2020 marque son entrée par un mouvement contestataire nommé Justice populaire. Une justice particulière qui consiste à tabasser ou à lyncher à mort le « présumé coupable » par la population sans attendre l’arrivée des hommes de loi. Face au banditisme grandissant à une échelle vertigineuse dans les rues de Libreville et à l’intérieur du pays, nous assistons à une série d’événements relevant de cette justice dite populaire.

Un adolescent braqueur tué par un individu non identifié après avoir arraché le sac d’une femme du troisième âge, un voleur tabassé à mort à awendje puis un autre à Akebe et à Dragage, relèvent du râle bol de la population. Qui se fait agresser par des braqueurs sur nuit et jour en les dépouillant de leurs bien matériels jusqu’à ôter la vie de certaines victimes. Cependant, cette justice privée ne fait pas toujours l’adhésion de tous.

La justice populaire un est phénomène qui touche plus particulièrement les pays en voie de développement. Cette pratique est récurrente dans les pays tels que le Cameroun et le Nigeria. Et le Gabon plus précisément la ville de Libreville de son entrée de jeu en 2020 a emboîté le pas. Avec notamment le meurtre par balle d’un adolescent braqueur par un homme non identifié dans le quartier de Plein - ciel. Un court métrage qui a fait saliver plus d’un sur la toile. On pouvait lire différents avis sur ce phénomène qui a pris de l’ampleur dans différents quartiers de Libreville. Ainsi, en posant la question à certains riverains de Libreville sur la justice populaire, nous avons la réponse de Gladys résidente d’Awendje :

« La justice populaire nous arrange parce-que on a toujours l’impression que la justice ne fait pas bien son devoir ou encore les autorités compétentes n’agissent pas comme cela se doit On braque, on vole, on agresse et on tue des citoyens. Ces mêmes personnes circulent librement dans nos cités si elles sont arrêtées dans les jours qui suivent on les revoit dehors. Ce qui va impliquer le manque de confiance du citoyen face à la justice de l’État. Mais le risque dans cette justice populaire est qu’il peut y avoir des erreurs de jugement et autres sans oublier les excès allant jusqu’à la mort donc mon avis est un peu mitigé ».

À cet avis s’ajoute celui de Anne habitante de Dragage : « La justice populaire n’est autre qu’une forme de barbaries. Et même si l’on se dit d’être dans la légalité, aux yeux de Dieu et même de la loi des hommes l’on n’est pas mieux que notre agresseur donc nous en subirons comme lui les conséquences de cet acte sur le plan divin ».

La justice est un droit pour tous.

«  Nul ne peut se faire justice à soi-même ». C’est en ces termes qu’est déclinée l’interdiction faite à toute personne, peu importe les circonstances, de se substituer au droit ou à l’autorité de l’Etat pour Infliger une punition face à une action portant atteinte à ses intérêts et emportant des dommages. Cependant force est de constater que depuis ces derniers moments, l’environnement à Libreville caractérisé par des actes de justice privée, communément appelée « justice populaire », appliqués aux personnes accusées à tort ou à raison d’une infraction, et dont les conséquences sont la régression du droit pour tous de bénéficier des garanties procédures leur permettant de parvenir au respect de l’Etat de droit où tout le monde est soumis au droit et à la loi.

En outre, d’après la Déclaration universelle des droits de l’Homme, toute personne a le droit d’être défendue par un avocat. Mais plus important encore, son innocence doit être établie par des preuves fondées et non par des dénonciations ou des rumeurs.

Naty ABOGHO

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