GABON : La délinquance juvénile évoquée par Ibrahim Mamadou...
La délinquance juvénile au Gabon constitue, entre autre, un phénomène de société étroitement lié à la pauvreté qui mine certaines zones du pays. Ce problème, au sein de nos sociétés, se pose avec acuité et mérite une attention particulière de la part de tous. C’est dans la perspective d’apporter quelques solutions aux décideurs que le gabonais Ibrahim Mamadou, président de l’association Collectif des Jeunes Managers ARC-EN-CIEL (COJEMA), s’est exprimé à travers un canal numérique. Il est Chef de service de la Propriété Intellectuelle à l’Agence Nationale de Promotion Artistique et Culturelle (ANPAC) au Ministère de la Culture.
" La délinquance juvénile, ce phénomène qui touche de nombreuses familles doit être accepté comme une crise existentielle généralisée, née de nombreux maux, en tête desquels : l’affaiblissement des valeurs morales et spirituelles, le décrochage scolaire, le chômage, l’oisiveté, les mauvaises fréquentations et j’en passe. Une situation qui prend des proportions inquiétantes au fil des temps, et se pose comme un indicateur de mal être d’une jeunesse en manque de repère.
La question qui se pose est de savoir si les mesures coercitives qui passent par des sanctions pénales sont les seules alternatives ? Ou encore, qu’elle politique sociale faut-il envisager pour endiguer ce phénomène ?
En effet, il est important de prendre ce phénomène à bras le corps et le mettre au premier rang des préoccupations de la politique sociale de notre environnement avec l’implication de tous les acteurs étatiques (Mairies, Conseil Départemental...) et sociaux (ONG, Responsables religieux, Leaders d’opinions...), dans la mesure où la jeunesse constitue la force de l’avenir.
D’une certaine manière, mettre l’accent sur ce phénomène et préconiser des solutions, c’est donner un sens à l’action sociale qui passe nécessairement par leur encadrement afin de les aider à sortir de ce cercle vicieux. C’est ici l’occasion de proposer un certain nombre de mesures susceptibles de leur donner les meilleures chances de revenir sur le droit chemin par rapport à ce phénomène, et surtout les aider à mieux s’insérer dans la vie active.
Parmi ces mesures, nous pouvons préconiser la mise en place d’un comité de veille et de l’assistance pour les aider à sortir de cette situation, afin de pallier à la politique de tout autoritaire ou au tout répressif au profit de chantiers socio éducatif et professionnel.
Dans cette optique, une politique de proximité est envisageable afin de prendre langue avec eux, sans oublier la création des lieux ludiques tels que les salles de sports, des salles socioculturels, des cyber cafés à l’usage de la jeunesse et les formateurs afin de les aider à améliorer leurs résultats scolaires mais aussi leur apprendre des activités socio éducatifs, culturels et professionnels à travers la mise en place d’un incubateur de formation en entrepreneuriat...
Pour les jeunes incarcérés dans les maisons de corrections (prisons), les actions à privilégier doivent avant tout être ciblées sur leur insertion sociale et professionnelle. Elles doivent notamment s’appuyer sur le développement du partenariat entre le service pénitentiaire, les collectivités locales et les associations, et doivent s’inscrire pleinement dans le cadre du dispositif locaux des préventions de la délinquance. En ce sens, elles peuvent permettre le déploiement de ces jeunes dans le cadre des travaux d’intérêt général pour l’aménagement de leurs peines.
D’une manière générale, ce phénomène sociétal doit nous pousser à l’éveil de la conscience collective afin de trouver des solutions idoines tout en accompagnant l’état dans ses tâches régaliennes à prendre en compte des mesures sociales qui peuvent réellement impacter la diminution de ce phénomène dans nos sociétés. "
IM






