Élections au CNOG : duel au sommet…ou naufrage organisé ?

1er mai 20260
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Alors que le Comité National Olympique Gabonais s’avance vers un scrutin dont l’issue n’a jamais été aussi indécise, une certitude s’impose : entre Crésant Pambo et José Walter Foula, il ne s’agit plus d’une élection, mais d’une guerre personnelle, brutale et sans élégance. Deux anciens protégés de l’ex-président Léon Folquet, aujourd’hui transformés en ennemis jurés, qui semblent avoir troqué l’héritage olympique contre une querelle digne d’un mauvais feuilleton.

Le point de rupture ? Les Jeux olympiques de Paris 2024. Là où l’esprit sportif aurait dû primer, ce sont visiblement des divergences… budgétaires et financières qui ont pris le dessus. Une enveloppe laissée par le Président de la République aurait suffi à faire exploser une alliance déjà fragile. Depuis, le torchon brûle — et pas qu’un peu.

Accusations croisées de détournements massifs, plaintes en cascade, auditions à répétition : la DGR, le B2, la Commission nationale contre l’enrichissement illicite… tout le monde est servi. Une véritable tournée judiciaire, pendant que le CNOG, lui, s’enfonce dans une crise institutionnelle dont personne ne semble vouloir assumer la responsabilité.

Et comme si cela ne suffisait pas, l’Assemblée générale du 21 mars 2026 a infligé un désaveu cinglant au duo : rejet massif de leur rapport financier, autrement dit un refus clair et net de quitus. Sous d’autres latitudes, cela aurait signifié sortie immédiate par la petite porte. Au Gabon ? Le spectacle continue. Les candidatures passent… validées par un comité d’éthique dont la souplesse interroge.

Crésant Pambo, fidèle à lui-même, brigue un nouveau mandat avec un objectif à peine dissimulé : écarter définitivement son ancien secrétaire général, devenu trop curieux à son goût. Et pour y parvenir, tous les moyens semblent bons — y compris ceux qui font tinter les poches du collège électoral.

En face, José Walter Foula joue une partition plus feutrée, mais tout aussi redoutable. Longtemps silencieux, presque effacé, il a patiemment avancé ses pions. Aujourd’hui, ironie du sort, c’est lui qui tient les rênes de l’appareil électoral, suite à la démission de façade du président. Une mise en scène ridicule, qui frôle l’absurde.

Son coup de maître ? Avoir convaincu Sylvain Florient Pangou Mbembo, Secrétaire général trois étoiles et secrétaire général du ministère de la Défense, de mener sa liste… dont il occupe lui-même le poste stratégique de premier vice-président. Une configuration idéale : un président trop occupé, et un numéro deux aux commandes réelles. Subtil, mais à peine dissimulé.

Reste une question qui dérange : comment un officier général de ce rang a-t-il pu se laisser embarquer dans une telle opération, au point de cautionner indirectement ce qu’il prétend vouloir sanctionner ? À ce niveau, ce n’est plus de la naïveté — c’est de la contradiction en uniforme.

Même Léon Folquet, témoin désabusé de cette descente aux enfers, n’a pas caché son amertume. Dans une récente sortie médiatique, il déplore la destruction méthodique de l’édifice qu’il avait contribué à bâtir et appelle, presque désespérément, à un renouvellement total.

Car au-delà des querelles d’ego et des manœuvres d’appareil, une réalité s’impose : ces affaires sont connues du Comité International Olympique. Et lorsque l’on sait l’importance que cette institution accorde à l’intégrité, persister dans cette voie relève moins de l’audace que de l’inconscience.

Confier à nouveau les clés du CNOG à ceux qui ont déjà démontré leurs limites — et leur légèreté — reviendrait à transformer une crise en habitude. Et, à ce rythme, l’olympisme gabonais risque surtout de devenir une discipline… de chute libre.

DRB

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