Décentralisation, déchets et taxe sur les ordures ménagères.
Montagnes d’ordures à Libreville,capitale gabonaise.Où va la taxe sur les ordures ménagères prélevée depuis janvier par la Société d’énergie et d’eau du Gabon,reversée à la CDC ? C’est la question que se posent les Gabonais.
1- la loi sur la décentralisation consacre la gestion des déchets aux collectivités locales. C’est un minimum de bon sens. Dans les pays où la décentralisation fonctionne, il existe une réelle fonction publique des collectivités locales. Ceux qui y sont font carrière et sont recrutés sur la base des compétences et non du militantisme ou de la subordination. Les élus passent et ils demeurent dans leur administration au même titre que les autres fonctionnaires de la République. Est-ce le cas au Gabon ? Rien qu’avoir ce que nous renvoie la commune de Libreville, on ne peut que dire non !
2- le désordre institutionnel issu de la multiplicité des acteurs sur ce dossier est un égarement sans précédent au monde. Comment un Haut Commissariat dépendant du cabinet du PR peut-il se substituer aux collectivités locales et se voir attribuer l’exclusivité du produit d’une taxe dévolue aux collectivités locales pour une mission de service public ? Le Décret qui crée ce HC est-il au-dessus de la loi sur la décentralisation ? Je défie quiconque de me prouver la légalité constitutionnelle de ce texte.
3- la taxe sur l’enlèvement des déchets est en total contradiction avec le principe même de l’impôt qui vise l’équité. Celui qui paie doit bénéficier, au même titre que tous les autres, du service auquel il a contribué à financer. Est-on sûr que, à Okondja, par exemple, les populations qui s’acquittent de leur devoir à travers la Seeg bénéficient de la collecte des ordures ? Sinon, pourquoi devraient-ils continuer à payer ?
Quelle est la part de la manne dévolue au conseil municipal d’Okondja pour la gestion des déchets quand on sait que la commune contribue à l’effort collectif ?
Qui doit la réclamer et auprès de qui ?
Si le Gouvernement n’a aucune réponse franche, dans ce cas, la décentralisation qui est est prônée devient un marché de dupes. Les combinaisons d’arrière-boutique supplanteront toujours les impératifs légaux.
(À suivre)
Louis Léandre EBOBOLA TSIBAH






