Mal-logement au Gabon : quand l’exiguïté des murs engendre la déchéance sociale
Dans de nombreux quartiers du Gabon, le mal-logement ne se résume plus à un simple inconfort matériel. Il devient un terreau fertile pour des dérives sociales alarmantes. Des familles entières vivent entassées dans des logements exigus où l’intimité disparaît, mettant à mal, la dignité humaine.
Faute d’espace, garçons et filles partagent la même chambre, parfois jusqu’à la fin de l’adolescence. Dans ces conditions, la promiscuité favorise des situations de violence intrafamiliale, d’abus sexuels précoces, voire d’inceste. Des scènes intolérables se produisent entre des murs devenus silencieux témoins de la dépravation née de la misère.
Les tensions parentales s’aggravent, les repères éducatifs s’effondrent, et l’avenir des enfants s’obscurcit. Alors même que l’État affiche sa volonté de replacer l’éthique et la morale au centre de l’action publique, ces réalités viennent rappeler l’urgence d’une politique du logement plus ambitieuse, inclusive et durable.
L’ONG Territoire, engagée pour l’inclusion sociale, tire la sonnette d’alarme. Selon elle, la précarité résidentielle constitue un véritable frein à la cohésion sociale et à la protection de l’enfance. Elle appelle à une accélération de la mise en œuvre des axes 7 et 8 du projet social du président Brice Clotaire Oligui Nguema. Ces axes visent à réguler le marché immobilier, lutter contre la spéculation foncière et garantir l’accès au titre foncier à tous, dans des conditions justes et transparentes.
Le logement est bien plus qu’un toit : il est un cadre de vie, un espace d’épanouissement, un refuge où chacun devrait pouvoir se sentir en sécurité. Le défi est immense, mais il est incontournable si l’on veut bâtir une société gabonaise plus juste et plus humaine.
FA/MT






