"La prise en compte de la question climatique dans notre agenda de la paix est devenue incontournable" SEM. Abdou Abarry
Un atelier de renforcement des capacités sur le climat, la paix et la sécurité s’est ouvert ce 02 octobre dans la commune de Ntoum, à une vingtaine de kilomètres de la capitale gabonaise. Un atelier organisé par l’Unoca et regroupant plusieurs représentants des institutions accréditées au Gabon. Intégralité du mot de bienvenue de l’Ambassadeur Abdou Abarry, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies et Chef Unoca
Monsieur le Commissaire à l’Environnement, Ressources Naturelles, Agriculture et Développement Rural de la Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), Distingués représentants et experts de la CEAAC, de la société civile et des partenaires techniques et financiers. Chers collègues du Système des Nations Unies, Mesdames et Messieurs,
C’est pour moi un immense plaisir de vous accueillir aujourd’hui dans la paisible ville de Ntoum, en République gabonaise, à l’occasion de cet atelier de renforcement des capacités consacré à une thématique aussi cruciale que le climat, la paix et la sécurité.
Je tiens à exprimer ma gratitude à chacun et chacune d’entre vous pour votre présence et votre engagement. Votre participation témoigne de votre détermination à contribuer à une réflexion collective sur les liens complexes entre le changement climatique, la stabilité et la sécurité dans notre sous- région.
Les relations privilégiées et la coopération renforcée entre l’UNOCA et la CEEAC constituent un pilier fondamental pour faire face à ces enjeux. La présence parmi nous du Commissaire à l’Environnement, Ressources Naturelles, Agriculture et Développement Rural de la Commission de la CEEAC, en est une parfaite illustration.
J’en profite pour le remercier pour sa disponibilité et pour saluer son dévouement dans le cadre du combat que nos institutions respectives mènent contre les changements climatiques.
Je voudrais ici souligner à quel point la prise en compte de la question climatique dans notre agenda de la paix est devenue incontournable. La sous- région de l’Afrique centrale, bien qu’ayant contribué très faiblement aux émissions de gaz à effet de serre, subit de manière disproportionnée les conséquences dévastatrices des dérèglements climatiques.
Ces impacts se manifestent par la montée des températures, des pluies de plus en plus torrentielles entrainant des inondations, et la montée alarmante du niveau de la mer dans le golfe de guinée. Ces phénomènes ne sont pas seulement des défis environnementaux, ils entraînent des répercussions sur nos sociétés.
En effet, ils accentuent les vulnérabilités socioéconomiques, fragilisent les structures politiques, et aggravent les menaces sécuritaires préexistantes. D’où la nécessité impérieuse de prendre des mesures pour les prévenir ou pour y répondre de manière efficiente afin de garantir la stabilité et la résilience de notre sous-région face aux défis futurs.
Dans ce contexte, il convient d’attirer l’attention sur les migrations forcées, les tensions croissantes entre agriculteurs et éleveurs, les conflits homme faune, l’exploitation illégale des ressources naturelles et l’accroissement des antagonismes locaux, qui continuent à être des sources de grande préoccupation.
Ces réalités renforcent la nécessité pour les États d’Afrique centrale de réfléchir ensemble à des solutions durables pour préserver la stabilité des communautés et promouvoir des sociétés pacifiques et inclusives.
L’atelier de trois jours qu’accueille Ntoum est une importante plateforme pour exprimer notre volonté commune d’aborder ces questions globales à travers un prisme régional et local. Cette rencontre permettra aussi et surtout de renforcer vos capacités sur des enjeux majeurs liés au changement climatique et d’engager des discussions utiles sur les solutions durables et adaptées à notre sous-région.
C’est lieu de souligner qu’il n’aurait pas été possible de l’organiser sans la coopération de plusieurs institutions des Nations Unies, notamment le Mécanisme de sécurité climatique, le Département des affaires politiques et de la consolidation de la paix, le Département des opérations de paix et l’École des cadres du système des Nations Unies.
Cette forte mobilisation témoigne de notre détermination à traiter de manière concertée et proactive les risques croissants que font peser les changements climatiques sur la sécurité et la stabilité des pays d’Afrique centrale. Ce faisant, nous nous inscrivons pleinement dans la vision portée par le Secrétaire général des Nations Unies à travers "Un Nouvel Agenda pour la paix". Cet agenda met l’accent sur la double nécessité de promouvoir la paix et de protéger notre planète, des objectifs intrinsèquement liés à la survie de nos nations et de nos peuples.
Je nourris l’espoir que vos échanges, tout au long de cet atelier, soient à la fois riches et constructifs. Ils devraient non seulement renforcer nos collaborations et notre solidarité face aux menaces liées aux changements climatiques, mais également favoriser l’élaboration d’approches novatrices et adaptées aux réalités et particularités de notre contexte sous-régional.
Chacun de nous a un rôle à jouer pour protéger notre environnement tout en promouvant une paix durable pour les générations futures. Je vous encourage vivement à participer activement à toutes les discussions, à partager vos idées et expériences, car c’est ensemble que nous pourrons concevoir des solutions à la hauteur des enjeux.
Ensemble, mobilisons notre créativité et notre engagement pour faire face aux défis du changement climatique, conformément à l’objectif numéro 13 des Objectifs de développement durable, qui nous invite à « prendre d’urgence des mesures pour lutter contre les changements climatiques et leurs répercussions ».
Je souhaite à toutes et tous un atelier stimulant, productif et tourné vers l’action. Merci pour votre attention.
SEM. Abdou ABARRY,
Représentant spécial du Secrétaire Général
des Nations Unies et Chef Unoca






