Plus de 500 millions $ en jeu : Emmanuel Ombana alerte sur les conséquences du désengagement américain de la BAD pour le Gabon

11 mai 20250
Partager

Alors que l’Afrique s’apprête à vivre une séquence diplomatique et financière importante avec les Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD) à Abidjan, une annonce potentielle jette une ombre sur les perspectives de financement du continent : Donald Trump, candidat républicain aux élections américaines, envisagerait de suspendre la contribution des États-Unis au Fonds africain de développement (FAD), guichet concessionnel de la BAD.

Ce désengagement, estimé à plus de 500 millions de dollars, pourrait avoir des conséquences majeures pour des pays comme le Gabon, déjà confronté à une faible diversification économique.

1. Un choc pour une économie encore trop dépendante du pétrole.

Le Gabon demeure une économie fortement dépendante des revenus issus du pétrole, avec une contribution pétrolière représentant plus de 70 % des exportations et près de 50 % du budget de l’État. Dans ce contexte, une réduction des ressources du FAD risquerait d’amplifier la vulnérabilité structurelle du pays, selon Emmanuel Ombana.

« Le Gabon, bien que classé parmi les pays à revenu intermédiaire de tranche supérieure, bénéficie indirectement du FAD via des projets régionaux intégrés, de l’assistance technique et des appuis budgétaires. La contraction de ces flux pourrait freiner des projets cruciaux pour la transformation économique du pays », explique-t-il.

Conséquences anticipées :

• Ralentissement des projets d’infrastructures régionales (routes, énergie, logistique).
• Moindre appui à la diversification économique hors pétrole.
• Réduction de l’assistance aux réformes structurelles (gouvernance économique, attractivité du secteur privé).
• Vulnérabilité accrue aux chocs extérieurs, notamment en cas de chute du prix du baril.

2. Un risque pour l’emploi des jeunes, dans un pays à forte démographie juvénile.

Avec plus de 60 % de jeunes dans la population gabonaise et un taux de chômage estimé à 40 % chez les moins de 35 ans, le désengagement américain pourrait avoir un effet domino sur les programmes créateurs d’emplois et les opportunités pour la jeunesse.

« De nombreux projets appuyés par la BAD via le FAD ciblent l’emploi rural, les infrastructures à fort impact social, et la formation professionnelle. Leur ralentissement compromettrait les ambitions d’insertion économique pour les jeunes », alerte Emmanuel Ombana.

Conséquences probables :

• Moins de financements pour les projets à haute intensité de main-d’œuvre (agriculture, infrastructures rurales, hydraulique).
• Ralentissement des programmes de formation technique et d’entrepreneuriat, pourtant essentiels pour l’auto-emploi.
• Aggravation du sentiment d’abandon et de la frustration sociale chez les jeunes, déjà confrontés à un marché du travail saturé.

3. Pistes de solutions concrètes pour le Gabon : diversification, métiers d’avenir et mobilisation nationale.

Face à ces risques, Emmanuel Ombana suggère une série de mesures structurantes pour renforcer la résilience du Gabon, diversifier son économie, et sécuriser l’avenir de sa jeunesse. Ces pistes de solutions pourraient être exploitées et surtout, servir au Chef de l’Etat, Brice Clotaire Oligui Nguema et son gouvernement :

A. Vers une diversification économique intelligente.

Secteurs porteurs à prioriser :

• Agro-industrie : transformation du manioc, banane, pêche locale.
• Économie verte et bleue : énergies renouvelables, foresterie durable, aquaculture.
• Numérique et innovation : services IT, e-commerce, télémédecine, e-agriculture.
• Tourisme durable : écotourisme, valorisation des parcs nationaux et cultures locales.

Métiers d’avenir à promouvoir :

• Techniciens agricoles, agripreneurs.
• Installateurs de panneaux solaires, techniciens en énergie.
• Développeurs web, community managers, data analysts.
• Guides écotouristiques, gestionnaires de sites naturels.

B. Stratégies complémentaires recommandées.

1. Mobilisation des ressources internes :
o Lutte contre la corruption et rationalisation des dépenses publiques.
o Réforme fiscale favorable aux PME locales.
2. Renforcement des partenariats Sud-Sud et alternatifs :
o Intensifier les relations économiques avec la Chine, le Brésil, les Émirats ou la BID.

3. Création d’incubateurs de jeunes entreprises :
o Déploiement de dispositifs publics-privés pour soutenir l’entrepreneuriat urbain et rural.
4. Formation professionnelle ciblée :
o Adapter les curricula aux besoins du marché (BTP, transformation alimentaire, maintenance industrielle).
« Le désengagement d’un acteur majeur ne doit pas paralyser nos ambitions. Il doit au contraire nous pousser à investir dans nos forces, notamment la jeunesse, et à bâtir une économie post-pétrole résiliente, moderne et inclusive », conclut Emmanuel Ombana.

Conclusion : un tournant à saisir.

Si cette décision américaine venait à se concrétiser, elle marquerait un tournant pour l’Afrique. Pour le Gabon, ce serait l’occasion d’accélérer les mutations économiques nécessaires, d’investir dans des secteurs créateurs de valeur ajoutée, et surtout de donner une place centrale à sa jeunesse dans les politiques publiques.

TSONGA MBICKA

Commander mon espace pub

     

Commander mon article

   

Dans la même rubrique

0 Commentaire(s)

Poster un commentaire