Depuis Praia, le Maroc appelle à renforcer l’unité et la prospérité de l’espace africain atlantique

8 mai 20250
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À l’occasion de la cinquième réunion ministérielle du Processus des États Africains Atlantiques (PEAA), qui s’est tenue dans la capitale cap-verdienne, la voix marocaine s’est fait entendre avec force et clarté. Porte-parole d’une vision ambitieuse et résolument tournée vers l’action, Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, a livré une intervention marquante saluée par ses homologues africains.

Dans son allocution, M. Bourita a d’abord salué l’élan collectif qui anime désormais les 23 pays riverains de l’Atlantique africain, soulignant la cohérence, la persistance et la solidarité qui caractérisent ce jeune partenariat. « L’espace africain atlantique n’est, non plus, une abstraction géographique. C’est une réalité stratégique, endogène et assumée désormais », a-t-il déclaré d’une voix ferme, insistant sur le changement de paradigme enclenché par les États concernés.

Pour le chef de la diplomatie marocaine, cette dynamique s’inscrit dans la vision éclairée du Roi Mohammed VI, qui considère l’Atlantique africain comme un cœur géostratégique — non comme une périphérie marginalisée. « Elle est un cœur géostratégique, une interface dynamique entre continents, une matrice d’innovation et de résilience  », a martelé le ministre.

À Praia, l’appel du Maroc s’est voulu pragmatique : il ne s’agit pas seulement de discours mais d’ancrer cette prise de conscience dans des actions visibles et durables. « Notre devoir est d’en faire une réalité, une réalité visible, tangible et durable », a-t-il insisté. Selon lui, le Partenariat africain atlantique dépasse le simple cadre stratégique ; il incarne un processus politique, économique et humain destiné à permettre à l’Afrique de décider de sa trajectoire en toute souveraineté.

Le Maroc, a réaffirmé M. Bourita, entend jouer un rôle moteur dans cet élan collectif. « Notre avenir sera plus sûr, plus prospère, et plus durable si nous le construisons ensemble », a-t-il souligné, tout en mettant en avant l’Initiative Royale qui a façonné ce processus. Celle-ci repose sur un principe de responsabilité partagée, une approche afro-africaine novatrice, orientée vers des enjeux essentiels tels que le développement durable, la sécurité maritime, la protection de l’environnement et la lutte contre les menaces transnationales.

Le ministre marocain n’a pas éludé les défis qui se dressent devant les États atlantiques africains. Il a alerté sur la complexification des menaces qui pèsent sur cette façade stratégique : « Elle est scrutée, courtisée, mais aussi confrontée à des menaces multiples, systémiques et transversales », a-t-il averti. D’où son plaidoyer pour une voix africaine audible, crédible et efficace sur l’échiquier international, à l’heure où les grands ensembles géopolitiques se réorganisent en Europe, en Asie ou sur le continent américain.

Pour illustrer la progression du processus, M. Bourita a mis en avant plusieurs initiatives phares : le Forum des ministres de la Justice, la réunion des Présidents de Parlements, et la Conférence sur la sécurité maritime et la lutte contre le terrorisme. « Ces jalons ont élargi notre périmètre d’action et approfondi la cohérence de notre démarche », a-t-il observé.

La réunion de Praia s’est ainsi inscrite dans une dynamique constructive, permettant à la fois de dresser un bilan lucide des avancées réalisées et de définir les prochaines étapes. Parmi les recommandations formulées, le ministre a proposé la tenue de rencontres sectorielles régulières, la création de mécanismes nationaux de coordination et une attention renforcée à l’aquaculture, stratégique pour la sécurité alimentaire, l’emploi et la durabilité.

M. Bourita a réaffirmé que le Maroc s’engage pleinement à soutenir ces recommandations, en mettant à disposition son expertise, ses expériences et ses partenariats.

Enfin, dans une sous-région où la stabilité et la coopération régionale sont essentielles, l’appel de Praia pourrait marquer un tournant stratégique pour les pays du Golfe de Guinée, y compris le Gabon, qui partage avec ses partenaires atlantiques ces mêmes aspirations de paix, de sécurité et de développement.

AMP

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