Cérémonie Voeux 2016 - S.E. Ali Bongo Ondimba présente ses voeux au Gouvernement et aux corps constitués

6 January 20160
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Libreville, le 05 janvier 2016. Allocution de S.E. Monsieur Ali BONGO ONDIMBA, Président de la République, chef de l’État au Premier Ministre, au Parlement, aux Institutions constitutionnelles, patronales et religieuses.

Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement,
Mesdames, Messieurs les Présidents des Institutions Constitutionnelles,
Madame le Maire de la Commune de Libreville,
Monseigneur l’Archevêque de Libreville,
Monsieur le Représentant des Confédérations Syndicales des Travailleurs,
Monsieur le Président de la Confédération Patronale Gabonaise,
Monsieur le Représentant de la Presse,
Monsieur le Secrétaire Général de la Présidence de la République,

Mesdames, Messieurs,

Je me réjouis de vous accueillir dans ce Palais de la Présidence de la République, notre Maison Commune, dont le Président de la République n’est jamais que le Gardien choisi par vous Tous.

La cérémonie qui nous rassemble ce jour est, au-delà des traditions et des convenances protocolaires, un moment d’humanité entre enfants d’une même Nation.

Voilà pourquoi, il m’a été agréable de recevoir tous les voeux que vous avez bien voulu former pour moi, pour mon épouse et pour ma famille.
Acceptez donc ici l’expression de ma gratitude.

Acceptez aussi que je vous retourne les miens avec les mots que vous avez utilisés chacun.

Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement,

Tout en vous félicitant pour l’action du Gouvernement qui a, notamment conduit à la mise en place du Nouveau Système de Rémunération, je voudrais espérer que tous les bénéficiaires de cette évolution qualitative importante en prennent toute la mesure en offrant à nos compatriotes un service public de qualité.

C’est le lieu aussi de vous rappeler que j’attends, tout au long de l’année qui commence, un engagement résolu et sans faille du Gouvernement dans la résolution des problèmes auxquelles font face notre société et notre économie.

A cet égard, il est absolument nécessaire d’améliorer la gouvernance des services publics qui doivent, plus que jamais, être au service des usagers, aux services des Gabonais.

Ces usagers qui sont la principale raison d’être de l’Administration doivent être écoutés et entendus. Et, des réponses, positives ou négatives, doivent toujours être fournies à leurs requêtes.

De même, on ne peut pas continuer à affirmer que "nul n’est censé ignorer la loi" quand ladite loi n’est pas publiée en temps et heures et mise à la disposition de tous les citoyens intéressés. Il est donc impérieux que toute la production normative de l’Etat, de la loi jusqu’au moindre arrêté, soit publiés tant au Journal Officiel que par voie numérique.

Les Gabonais doivent être régulièrement informés pour mieux connaître leurs droits et mieux répondre à leurs obligations.

Il est inadmissible qu’une Administration reste indifférente aux problèmes de nos compatriotes. Ces fonctionnaires n’ont pas leur place parmi vous. Je veux que des sanctions soient appliquées à tous ceux qui ne se mettent pas au service des Gabonaises et des Gabonais.

Monsieur le Premier Ministre,

Cette année, plus que l’année dernière, la chute du prix du baril de pétrole, qui a perdu près de 70% de sa valeur, entraine une réduction significative de nos ressources.

Nous ne pouvons pas nous comporter comme si rien ne se passait. Aussi, vous conviendrez que cette situation nous impose une gestion de plus en plus rigoureuse et plus responsable de nos finances.

Dans ce contexte, et pour préserver notre Pacte social, car, je le répète une fois de plus, je refuse que les plus fragiles d’entre nous subissent encore plus la mauvaise conjoncture pétrolière, je demande au Gouvernement de proposer les mesures qui permettent de réduire sensiblement les dépenses de fonctionnement de l’Etat.

J’attends que vous soyez audacieux et ingénieux en matière de réduction des dépenses de l’Etat.

Enfin, des retards sont constatés sur un certain nombre de programmes, et particulièrement sur celui des logements. Vous devez les rattraper pour respecter vos engagements, car nos compatriotes attendent des résultats.

Madame le Président du Sénat,

J’apprécie à sa juste valeur l’engagement du Sénat à accompagner l’action de l’Exécutif dans la mise en oeuvre de nos engagements internationaux, et en particulier l’Accord de Paris sur le Changement climatique.

De même, comme je l’ai annoncé lors de mes voeux à la Nation, j’engage tous les acteurs de notre système politique et institutionnel à oeuvrer en vue de l’organisation d’élections libres, transparentes et pacifiques.

Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,

Vous avez noté que de nombreuses attentes demeurent sur le plan des infrastructures, de la lutte contre le chômage ou de la revalorisation des pensions de retraite.

Quand bien même la conjoncture économique du moment aurait ralenti la mise en oeuvre de notre programme de développement, elle ne nous a pas pour autant détourner de l’objectif essentiel à savoir, la construction d’une économie forte et d’une société plus juste et plus solidaire.

Dans cette longue marche, l’Exécutif progressera d’autant mieux que le Législatif l’y accompagnera chaque jour.

Madame le Président de la Cour Constitutionnelle,

Je vous félicite pour le travail accompli, toujours avec la même rigueur et le même souci d’équité.

Je sais pouvoir compter sur vous pour veiller au strict respect de notre Constitution, des lois et des règlements de la République pour le bon déroulement des consultations électorales importantes qui se dérouleront en 2016.

Toutes les mesures seront prises pour assurer le bon déroulement des élections de 2016. Comme je l’ai déjà dit, rien ni personne ne devra entacher la bonne tenue des scrutins, qui devront se dérouler dans les délais prévus.

Monsieur le Premier Président de la Cour de Cassation,

J’ai particulièrement apprécié que vous ayez rappelé que le bien est l’apanage de la justice, laquelle justice est matrice de la morale, de la vertu, de l’équité et de la paix sociale.

Puisqu’il en est ainsi, il revient au corps judiciaire d’en donner l’illustration quotidienne pour que jamais plus nos compatriotes en viennent à douter de la justice de leur pays.
Une Justice au service de tous les citoyens sans distinction aucune. Une Justice équitable pour tous, respectueuse de la présomption d’innocence, qui prononce des peines justes et définies par la Loi.

Monsieur le Président du Conseil National de la Communication,

Monsieur le Représentant de la Presse,

J’ai entendu vos inquiétudes s’agissant de la loi sur la liberté de la presse et je crois que les Parlementaires ici présents ont prêté l’oreille en vous écoutant.

J’accepte avec vous l’augure de la dépénalisation des délits de presse. Comme j’ai toujours appelé de mes voeux une presse gabonaise brillante, rentable, libre et respectueuse des droits et de la dignité d’autrui.

Vous conviendrez pourtant avec moi qu’on n’en est, hélas, encore bien loin quand le mensonge, l’injure et la diffamation sont érigées en lignes éditoriales.
Monsieur le Président du Conseil Economique et Social,

Votre assemblée réunit l’ensemble des forces sociales de la Nation, elle doit donc continuer à servir d’aiguillon au Gouvernement et au Parlement dans la recherche des solutions aux problèmes de notre société qu’il s’agisse de la lancinante problématique de la gestion foncière ou de la détermination du meilleur encadrement juridique de l’auto-emploi.

Madame le Maire de la Commune de Libreville,

Les collectivités locales sont un acteur majeur du développement. Je ne peux donc que partager votre voeu de les voir responsabilisées dans la prise en charge des défis auxquels elles sont confrontées.

C’est tout le sens de la nouvelle loi sur la décentralisation. En effet, le Gouvernement, sur mes instructions, entend approfondir et redynamiser ce processus qui a, malheureusement, marqué le pas au cours de ces dernières années.

L’objectif étant de faire des collectivités locales des pôles de développement adaptés, notamment dans les secteurs de l’éducation, de la santé et de l’assainissement et de permettre un meilleur accès des populations aux services sociaux de base.

Et, c’est en faisant participer les populations locales à l’élaboration des Plans de Développement Locaux que vous donnerez une identité particulière à chaque commune.

C’est la raison pour laquelle j’apprécie votre volonté d’inventer la ville gabonaise de demain: une ville propre, responsable et durable. J’apprécie tout autant les efforts engagés dans l’embellissement du Grand Libreville.

Mais vos administrés attendent encore plus. Il vous faut donc relever les défis, car la ville de Libreville et les communes soeurs d’Owendo et d’Akanda sont les vitrines du Gabon. Sachez donc être dignes de ce statut.

Monseigneur l’Archevêque de Libreville,

Je suis heureux de constater la convergence entre les voeux que j’ai présentés à la Nation et votre propos de ce jour.

En effet, ce que vous nommez si joliment Gabon d’abord n’est que l’autre nom de la société de justice et de solidarité fondée sur l’Egalité des Chances que je me suis engagé à promouvoir et que j’engage le Gouvernement et les autres institutions de la République à réaliser.

L’heure n’est donc plus à la dénonciation ou l’anathème car il s’agit d’oeuvrer au changement radical d’une société. Et cet ouvrage sollicite tous les coeurs et tous les esprits.

L’apport des congrégations religieuses est, à cet égard, fondamental, vos prières sont les bienvenues. En effet, dans un contexte où les moeurs et la bonne moralité ont tendance à se dégrader et mettre à mal notre vivre-ensemble, je sollicite des aiguilleurs de conscience que vous représentez, des actions en faveur de la culture de la tolérance et de la Paix.

Monsieur le Représentant des Confédérations Syndicales des Travailleurs,

Vous avez en charge la défense des intérêts de vos adhérents. Cela est juste est bien.

Et c’est dans cet esprit, que je me réjouis de la part active prise par les syndicats de travailleurs dans un certain nombre de chantiers sociaux comme le Dialogue Social, les nouveaux mécanismes de prise en charge de la CNAMGS et le Nouveau Système de Rémunération des agents publics.

Je voudrais vous rappeler que j’ai tenu parole avec les augmentations de la solde des agents publics, malgré les circonstances défavorables.

Je vous invite donc à continuer sur la voie de la concertation, en prenant en compte les réalités économiques du moment et, surtout, en vous éloignant des actions qui répondent à des logiques autres que celle de la défense légitime de vos droits.

La logique du « toujours plus » doit faire la place au travail. Il y va de l’intérêt supérieur de notre pays, dans un monde de plus en plus concurrentiel.

Monsieur le Président de la Confédération Patronale Gabonaise,

Je voudrais avant tout remercier tous les Chefs d’entreprises qui nous font confiance dans un contexte économique, faut-il le rappeler, difficile. Le Gouvernement doit absolument soutenir les entreprises qui jouent le jeu, celle qui ont le sens et la mesure du patriotisme économique.

Vous avez posées trois questions fondamentales :

- Comment générer plus de croissance dans notre pays ?
 Comment rendre nos entreprises plus compétitives ?
 Comment générer des emplois ?

Il vous revient d’y répondre sans a priori avec le Gouvernement et le Parlement pour trouver les meilleures solutions permettant de faire émerger une économie aussi forte que solidaire.

Je voudrais aussi rappeler que des mesures en faveur de l’emploi ont été prises. J’attends qu’elles soient effectives pour permettre à nos compatriotes au chômage d’apporter leur pierre à la construction du Gabon émergent. C’est une obligation, c’est le prix de la paix sociale.

Monsieur le Secrétaire Général de la Présidence de la République,

Vos collègues et vous-mêmes avez un privilège inestimable et envié : servir dans la première institution de l’Etat en accompagnant le Président de la République dans son action quotidienne.

Cette administration, plus que toutes les autres, doit être la référence. Soyez en chaque jour digne, au service du bien commun et de nos compatriotes.
Je vous en sais tous capables et je n’en attends pas moins de vous.

Mesdames, Messieurs,

Lors des voeux que j’ai présentés à la Nation, le 31 décembre dernier, j’ai insisté sur la nécessité d’un changement collectif de notre société.

La répétition étant une vertu pédagogique, je voudrais, à nouveau, dire qu’il est plus que temps pour nous de changer ensemble.
Le changement, c’est l’affaire de tous.

Nous ne pouvons plus revenir en arrière. Il nous faut avancer positivement.
Il nous faut changer pour passer d’une société fondée sur le privilège, à une société fondée sur la neutralité de l’Administration et l’égalité des chances.

L’égalité des chances en matière d’éducation. A cet effet, je souligne pour le condamner que des établissements scolaires ou sanitaires restent sans personnels éducatif ou soignant. C’est inadmissible.

L’égalité des chances pour l’emploi et en particulier celui du premier emploi pour les jeunes.

L’égalité des chances pour les femmes, véritable acteur du développement.
Ce ne sont pas des slogans. Nous allons y arriverons dès l’instant où tout le monde s’accordera à reconnaitre, à accepter et à travailler à ce que l’économie de rente laisse la place à l’économie de production, seule manière de développer durablement le pays au profit de tous.

Mesdames, Messieurs,

J’ai conscience de la difficulté à changer car le plus difficile n’est pas de connaître les nouvelles pratiques, mais d’échapper aux pratiques anciennes.
Mais, n’ayons pas peur du changement car, en perdant ce que nous croyons bon, nous gagnerons certainement mieux.

Et, parce que le changement d’un seul n’a pas de sens, je vous invite à méditer cette pensée d’un contemporain: " Lorsqu’un seul homme rêve, ce n’est qu’un rêve. Mais si beaucoup d’hommes rêvent ensemble, c’est le début d’une nouvelle réalité".

Mesdames, Messieurs,

Avant de nous séparer, je tiens, à nouveau, à vous exprimer du fond du coeur mes voeux les meilleurs de parfaite santé, de paix profonde, de prospérité et de bonheur pour vous-même, vos personnels et vos familles pour l’année 2016.

Vive le Gabon !

Vive la République !

Et que Dieu protège notre pays !

Je vous remercie.

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